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Christian Bertaux
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Relecture des thèses politiques de Pierre Clastres à partir de l’épistémologie linguistique et de l’anthropologie transformationnelle.

Christian Bertaux

Les Mesnuls/ Paris/ Cannes 2011



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Relecture des thèses politiques de Pierre Clastres à partir de l’épistémologie linguistique et de l’anthropologie transformationnelle(1).

A Pierre Clastres et à Michel Cartry
« La mort est un événement trop important pour être dû au hasard » (2)
Jorge-Luis Borges




INTRODUCTION

C’est Michel Cartry qui m’a fait rencontrer Pierre Clastres en 1974. Je vais raconter d’abord ma rencontre avec Cartry. Ce n’est pas un détail. Mon rapport à Clastres et à son œuvre a été filtré par Cartry. Linguistique mathématicien, spécialiste des pratiques divinatoires européennes et chinoises depuis 1962, doctorant en linguistique sémantique avec Oswald Ducrot en 1974, je suis devenu vraiment ethnologue africaniste grâce à Michel Cartry et à Pierre Clastres.

Je ne connaissais pas l’œuvre de Pierre Clastres à l’époque où je l’ai rencontré. Par contre, Michel Cartry connaissait parfaitement l’œuvre ethnographique et politique de son ami. Et en m’écoutant, il pensait inévitablement à Clastres. Je fus le filtre qui permit de renouveler un passage entre Cartry et Clastres. Pourquoi renouveler ? Parce que le lien s’était déjà modifié entre ces deux grands amis, militants philosophes communistes de la cellule du PC de la Sorbonne autour de François Châtelet (3) , qui distribuaient des tracs, qui réfléchissaient à leur praxis juste avant le drame de l’invasion de la Hongrie en 1956 et celui de l’annonce officielle par Khrouchtchev des crimes de Staline (4) . C’est le drame de 1956 qui transforma l’engagement politique des quatre jeunes étudiants en philosophie de François Châtelet (Cartry, Sébag, Clastres, Adler) en les faisant passer de la philosophie à l’ethnologie. Michel Cartry (5) et Alfred Adler (6) choisirent l’Afrique de Marcel Griaule (1898-1956) et de Germaine Dieterlen (1903-1999), revue par Georges Balandier. L’un et l’autre rencontrèrent l’anthropologie religieuse et l’anthropologie politique et ils firent un travail sur la divination. Sebag (7) et Clastres choisirent l’Amérique avec Alfred Métraux (1902-1963) et Claude Lévi-Strauss (1908-2009). L’un et l’autre rencontrèrent l’anthropologie politique et l’anthropologie religieuse et ils firent un travail sur la mythologie.

Ma rencontre avec Michel Cartry et Pierre Clastres

En 1974, Michel Cartry était encore très proche de Clastres et très nostalgique de le voir s’orienter vers des efforts intellectuels philosophiques, ce qui l’éloignait de son travail d’ethnologue. Michel ne pouvait pas entendre mon travail d’épistémologie linguistique sans me parler de Clastres. Lorsque j’ai communiqué à Cartry les résultats de ma recherche en épistémologie des sciences que je définis comme l’étude des propriétés linguistiques des théories scientifiques (en particulier en géométries non euclidiennes et en logique mathématique), Michel Cartry ne put s’empêcher de s’exclamer : « Ah ! Il faut absolument que je te fasse rencontrer mon ami Pierre Clastres ». Et dès le retour de Pierre d’Amérique (où il avait fait une courte enquête chez les Guarani du Brésil) Michel et moi, nous frappions rue Gay-Lussac. Michel me

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présentait à Clastres . Nous avons parlé ce jour-là de tout autre chose que de linguistique théorique appliquée à l’ethnologie du divinatoire. Mais nous nous sommes revus et ma théorie dite avec plus de précision a fort intéressé Pierre Clastres. Et je le comprends a posteriori facilement, car il suffit d’un peu de réflexion pour voir que mon théorème d’épistémologie linguistique est proche de l’énoncé principal de la théorie politique de Pierre Clastres : « Les sociétés sans Etat sont des sociétés contre l’Etat ». A mon avantage, mon énoncé principal avait un double intérêt. Il n’indisposait pas les ethnologues classiques, à la différence de l’énoncé de Pierre Clastres. Cartry qui était dérangé par l’énoncé de Clastres était enchanté par mon théorème. Mon énoncé est démontrable. Je savais techniquement de quoi je parlais, ce qui n’est pas le cas d’un énoncé philosophique. Il était général puisqu’il est valable pour toute science – physique, mathématique, biologie, etc. Il était tout de suite applicable en linguistique et en ethnologie, en particulier sur les matériaux de terrain de Michel Cartry.

J’ai rencontré pour la première fois Michel Cartry à l’université Paris 7-Jussieu. Il présentait la géomancie gourmantchè de Haute Volta (future Burkina Faso). C’était un homme robuste, grand, barbu, calme, sombre, réfléchi et sévère. Je vins le voir à la fin de son cours pour lui manifester mon admiration. C’est grâce à mon théorème d’épistémologie linguistique que j’ai été lauréat de la Fondation de la Vocation (8) en décembre 1974. Peu intéressé par les textes philosophiques qui ne font pas l’usage d’un formalisme mathématique -mon idéal est galiléen- je ne connaissais pas la théorie de Clastres. Je n’ai pas fait le rapprochement que l’on peut facilement faire entre mon théorème d’épistémologie linguistique et les thèses de Clastres. Je me suis mis à relire la « Chronique des Indiens Guayaki » [1972] -cette petite merveille- et à relire « La Société sans Etat » [1974]. Je compris alors ce qu’avaient dû entendre -à mon insu- Michel Cartry et Pierre Clastres. Je pus penser les analogies formelles et les équivalences ainsi que les différences. Je ferai ici le jeu des équivalences. C’est le plus intéressant, car en superposant les deux énoncés [l’un démontré, l’autre énoncé] il est possible de préciser techniquement le REEL sur lequel se fondent les thèses politiques de Pierre Clastres. Certes, ce n’est pas avec les thèses de Pierre Clastres seules qu’on peut faire les découvertes que j’ai faites – ou que je crois avoir faites, mais nous ferons semblant : un discours pouvant -sans les confondre- en éclairer un autre.

Théorie linguistique générale du projet classique des sciences

Mon théorème d’épistémologie linguistique s’énonce ainsi: MT= « Le langage du projet classique des sciences ne peut appréhender aucun objet de langage ». (« Appréhender » , signifiant « décrire, expliquer et/ou comprendre ») (9). . Pour Cartry -et pour les ethnologues en général- j’énonçais le MT à l’envers : TM = « Aucun objet de langage ne peut être appréhendé à partir des techniques de description et d’explication que développe le projet classique des sciences ». C’est cet énoncé à l’envers -fort acceptable pour un ethnologue- qui est formellement équivalent [je ne le savais pas] à l’énoncé politique -peu acceptable pour un ethnologue- de Pierre Clastres (énoncé que je note T). En avril 1974, j’avais communiqué mon énoncé TM à Michel Cartry. C’est l’équivalent exact de l’énoncé philosophique T de Pierre Clastres. Celui même qui fâchait tous les ethnologues. Si on énonçait mon TM dans le T de Pierre Clastres : « Les sociétés sans Etat sont contre l’Etat » , on aurait le T™ suivant : « Dans l’espace d’une société sans Etat, vos matériaux ethnologiques développent des propriétés langagières qui nous paraissent extraordinaires, mais qui sont

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redoutables parce qu’elles ne peuvent être décrites et comprises que si vous faites exploser les limites langagières que présuppose la sémiotique de Greimas (10) en fracassant le sujet canonique des sciences, supposé sans corps, sans variations sitologiques, sans mutations topologiques, caractéristique de la société à Etat à laquelle Greimas participe de façon inavouable ».

L’articulation « Société à Etat / Société sans Etat » que je noterai S1/S2 n’indique rien d’autre de plus qu’un RAPPORT FORMEL entre la « Société des observés » [S2] (au pluriel : une société disposant de corps humains car elle est non unifiée dans un seul observé) et la « Société de l’observateur » [S1] (au singulier : un observateur supposé sans corps humain car unifié dans ses observateurs en un SEUL observateur).

Topologie linguistique et anthropologie transformationnelle

J’ai créé dans ma vie de chercheur trois (11) méthodologies : L’une que j’appelle « Topologie linguistique » est une conséquence de mon « approche linguistique des théories scientifiques ». Cette théorie je l’ai construite entre 1970 et 1974, avant mon départ en Afrique. Pierre Clastres l’a bien connue de 1974 à 1977. Je l’avais mise à l’épreuve en ethnologie en écrivant, avec Michel Cartry, à la demande de Pierre Clastres en vue d’une parution pour la « Nouvelle Revue de Psychanalyse » dirigée par Jean- Bertrand Pontalis, un texte sur l’approche topologique de la sortie des figures de géomancie du devin gourmantchè (12).

Dès 1974, la sympathie qu’il y a eu entre Michel, Pierre et moi a été telle que mes deux aînés ont tout fait pour que je bascule de la linguistique mathématique à l’ethnologie de terrain en pays exotique. Dans l’année [1974], c’est-à-dire en très peu de temps, ils me firent donc passer -j’étais une victime consentante- du statut d’étudiant en linguistique mathématique à celui d’ethnologue professionnel. J’étais pour eux une très bonne recrue en ethnologie. Cartry était sûr de moi. J’étais très proche de Michel Cartry quant au travail de réflexion qu’impose une technique complexe comme la géomancie en pays gourmantchè. J’étais, par contre, plus proche de Clastres dans le cadre d’une ethnologie attentive aux gestes, aux façons de faire, aux façons d’énoncer, aussi bien des paroles que des silences (13).

« C’est souvent sous l’innocence d’un geste à demi esquissé, d’une parole vite dite que se dissimule la singularité fugitive d’un sens, que s’abrite la lumière où prend vie tout le reste » Pierre Clastres, Chronique des Indiens Guayaki, 1972.

Comme Clastres je suis extrêmement intéressé par les dimensions signifiantes des postures et des gestes. Je travaillais cependant ce registre avec les outils de la topologie linguistique - une géométrie du langage articulé (14) - ce qui me permettait d’être plus intéressé par le « signifiant » des actes de langage que par leur « signifié ». Une théorie de l’acteur comme celle que l’on peut désigner sous le terme d’«individualisme théorique » (l’« individualisme méthodologique » étant en tant que méthodologie fort respectable) est la plaie de l’ethnologie, de la sociologie et de l’histoire. Ce ne sont pas des « penseurs » qui ont un beau jour décidé de « faire des hommes et des femmes » qui n’auront plus de rapports sexuels avec leurs parents. Les femmes et les hommes en tant qu’ETRES SOCIAUX ayant incorporé LE DOUBLE ESPACE DU LANGAGE ARTICULE se développent dans des espaces sémiologiques de langage qu’ils

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« désémiologisent » partiellement en les incorporant pour qu’ils puissent entre eux - synchroniquement- réaliser une humanité partageable (15). Ce n’est que grâce à l’existence de ce fond « sémiologique désémiologisé » partageable qu’ils arrivent à énoncer des choix linguistiques de signes -parmi les signes non désémiologisés qui leur restent- pour décoder sans effort des structures de phrases. La ré-énonciation du sémiologique qu’efface l’encodification des corps est le déclencheur du savoir religieux. L’énonciation du linguistique qui fait un usage sémiologique de l’arbitraire du signe est le déclencheur du registre du politique. Le linguistique est très certainement le résultat du travail institué des devins (16). Un petit groupe d’humains n’a pas besoin -ne peut pas- créer par génération spontanée une langue. Il n’a pas besoin d’une langue pour communiquer. Des coups de coudes suffisent. Il n’a rien à dire, avec des phrases, qui ne soit déjà dit. Pour créer une langue, il faut passer par la fameuse « MALENCONTRE » historique de Clastres/La Boétie (17). Pour que les signes arrêtent de faire sens, il faut pouvoir arrêter de décoder les signes silencieux laissés par les âmes supposées des morts, qui font retour de façon obsessionnelle, dans le cri des animaux et leurs traces sur le sable. Il faut, pour cela, un travail d’institution qui demande des milliers, peut-être des millions d’années. C’est le travail des shamans, des devins, qui arrivent à faire que les espaces sémiologiques de dimension diachronique, encore mal domestiqués par un manque de langue, arrivent à se taire. Un devin spécialiste des araignées arrive à faire taire tous les autres animaux. C’est une conquête plus grande que celle de la Lune. Car si tous les autres animaux n’arrivent pas à se taire, plus personne ne peut se comprendre.

Il est rare qu’un ethnologue commence son œuvre par la description d’une naissance

Pierre Clastres, aussi bien que Michel Cartry, ont questionné le registre du NAITRE SOCIAL collectif des groupes sociaux qu’ils étudièrent -Guayaki du Paraguay, Gourmantchè de Haute Volta (Burkina Faso). La relève de la naissance Guayaki, - qui va du « sol de l’accouchée » [i/i’] au site amnésié [ j ] d’où se loge le fantasme d’un naître replacé dans une histoire sociale, est recherchée par tous les géomanciens (que je connaisse). Le Jaguar Guayaki apparaîtra mortellement sur le lieu j’=j de cette relève, si le père de l’enfant fait tomber son regard en i/i’ dans la scène de l’accouchement. De même, le but de la géomancie est de permettre à des groupes sociaux de retravailler leurs NAITRES SOCIAUX sans détruire leurs ETRES SOCIAUX. C’est par l’étude des sémiologies de la naissance que Michel Cartry et Pierre Clastres interrogèrent l’anthropologie religieuse et l’anthropologie politique (18).

Si dans le NAITRE Guayaki décrit dès le début du chapitre premier de la « Chronique des Indiens Guayaki »[1972] de Pierre Clastres, les témoins de l’accouchée restent en silence dans leurs paroles sonores comme dans les paroles de leurs visages, réglant malgré leur joie l’absence de leurs sourires, c’est afin que la « naissance- parole » de l’enfant -qui tombe dans une béance langagière où se loge « la merde d’une pute de mère »- soit rehaussée, pour qu’il échappe à la béance « sans parole » où se loge la mère biologique de tout homme. La grammaire de l’être social se déploie à l’intérieur d’une sémiologie comme le fait l’acte d’énonciation d’une suite de mots réglée dans une grammaire. Les mots, les phrases et les discours sont les corps-mots, les corps-phrases, les corps-discours d’une grammaire de l’ETRE SOCIAL cherchant à produire la mise en silence des signes de l’histoire de cet ETRE écrite avec du corps, des postures, de la

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pensée et de l’image. Pierre Clastres ethnologue a eu la finesse de repérer -grâce à son travail d’écriture- cette anthropologie des gestes, essentielle au travail du divinatoire.

Bref, dès 1974, entre Pierre, Michel et moi, les sympathies furent très grandes. Nous étions tous les trois convaincus de la nécessité d’une révolution épistémologique générale. Michel et Pierre la préparaient sur l’ethnologie à partir de la philosophie -et de la lucidité critique que leur militantisme de jeunes communistes autour de François Châtelet- un des meilleurs philosophes parisiens de cette époque- avait pu produire. Moi, je la mûrissais en mathématiques, en physique théorique et en biologie formelle en visant la philologie [hindoue, chinoise] et la linguistique (19) . Je développais ma recherche depuis l’âge de 17 ans [1961].

La rencontre de Pierre et de Michel fut pour moi une rencontre fulgurante et magnifique. J’étais sur le ressac de mon « premier milieu de vie » (20) . J’ai travaillé 12 heures sur 24 sur les matériaux gourmantchè de Cartry pendant trois ans [1974-1976] et j’ai poursuivi ce travail pendant trente ans en reprenant dès 1975 l’enseignement que donnait Michel Cartry à l’université Paris 7-Denis Diderot en 1974 sur « Systèmes divinatoires. Exemples africains ».

L’anthropologie transformationnelle

La seconde méthodologie que j’ai développée – après ma première mission au Mali et que Pierre n’a pas pu connaître, je l’appelle « anthropologie transformationnelle ». C’est l’application à l’ethnologie de terrain de l’épistémologie non classique que je développais sous le nom de topologie linguistique. C’est la théorie de la pratique de terrain, d’un ethnologue de terrain. Elle demande à l’observateur galiléen des sciences qui change de société de S1 à S2, de changer d’ETRE SOCIAL de A1 à A2 dans un texte scientifique (21). Si on ne veut pas changer concrètement d’ETRE SOCIAL -devenir Bambara chez les Bambara et Guayaki chez les Guayaki- la transformation doit être reconstruire dans un texte capable de signaler ce qu’il faut faire pour changer de grammaire générative de l’ETRE SOCIAL (22). Les changements de grammaire de l’humain se font dans le formalisme de la topologie linguistique. L’anthropologie transformationnelle est parfaitement adaptée au matériel géomantique puisqu’il existe une géomancie latine pratiquée depuis le XIIe. siècle en Europe, des géomancies chinoises, des géomancies arabes, des géomancies malgaches et des géomancies africaines. Il était donc possible de passer d’une géomancie [S1] à une autre [S2] en démarrant sur la géomancie qui correspondait au mieux à la société de l’observateur. C’est-à-dire, pour moi, la géomancie latine. Il y a une réflexion épistémologique et mathématique sur la géomancie de Leibniz (1646-1716) à Robert Jaulin (1928-1996). Lorsque j’ai décrit à Pierre Clastres le projet que je comptais développer en géomancie, il l’a évidemment entendu dans ses termes -que je ne connaissais pas- comme un essai de passage d’une géomancie à Etat (S1) à une géomancie sans Etat (S2).

« Dans le cas de l’initiation bambara/minyanka à la divination par le sable [géomancie], l’observateur va être conduit, d’un laboratoire parisien S1 à un village malien S2, à abandonner les présupposés anthropologiques et sociaux liés au « support européen de l’écrit » (associé à la grammaire générative G1 de l’Etre social A1 de S1), afin de changer de source de légitimité et de base langagière d’ordre socio- psychologique, par le moyen d’un « rituel sacrificiel » (associé à la grammaire

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générative G2 de l’Etre social A2 de S2). Le cheminement de l’observateur, dans cette situation de « changement d’état » psychologique et social, va se faire à l’intérieur d’un espace langagier d’interaction et de communication [∑] aux caractéristiques topologiques proches de celles d’une « catastrophe d’excision » de type ombilic parabolique » (23). Toute la procédure divinatoire va en fait essayer d’éviter le risque mortifère, pour un espace-sémiologique humain, d’une torsion möbienne du canal de la communication qui, en ajustant le site initial [j] de l’énonciation d’une communication du signifiant S1 sur le site terminal du réceptionnaire [j’] du signifié S2 va détruire l’espace sémiologique qu’incorpore le corps humain, pour se mettre en adéquation avec le montage géopolitique de son Être social.

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L’énonciation « Pilon sur un mortier » des villageois bambara du Mali.

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Les actes d’énonciation des villageois Bambara du Mali ne suivent pas le même canal de communication linguistique que celui que suivent les Parisiens. Les Parisiens suivent le « circuit saussurien de la parole » (24) un cheminement énonciatif qui va de HAUT [j] en BAS [i] puis de BAS [i’] en HAUT [j’] fait pour deux personnes A et B, face à face et qui se regardent en parlant. Les Bambara suivent une énonciation « mortier ». Son cheminement énonciatif va de BAS [i’] en HAUT [j’] puis de HAUT [j’’] en BAS [i’’] pour deux personnes qui ne se regardent pas en parlant et qui sont souvent côte à côte. L’anthropologie transformationnelle va en tenir compte. Le même tableau divinatoire de la géomancie à 16 figures que l’on trouve aussi bien au Mali qu’en Europe, en étant captif d’un autre espace-temps-sémiologique de langage (dépendant d’une autre histoire géopolitique), va être perçu différemment en S1 [ Paris] et en S2 [ Mali]. L’arrêt de la parole se trouve au Mali sur le défaut syntaxique i’’/i’’’/i’. C’est ce point que contrôle le chef africain. Le chef bambara remet à zéro la grammaire de la linguistique qui fait « parole » dans la grammatique d’une sémiologie qui fait « silence ». A la différence du chef parisien et à la différence du chef Guayaki décrit par Clastres, un chef africain ne parle pas. Il arrête la parole. Le chef africain bloque les transformations SON/SENS qui se font sur un défaut de générativité du signifié par le signifiant en j’/j’’ (25).

Les espace-temps-sémiologiques dans lesquels se nichent les corps humains sont différents selon les histoires sociales et les histoires politiques (26). Les pressions et les dé- pressions géopolitiques modifient la syntaxe de ces espaces. Les thèses de Pierre Clastres désignent les effets d’un REEL sémiologique méconnu dans ses propriétés topologiques, sitologiques, anthropologiques et sociologiques historiques. On peut donc donner une interprétation précise des thèses politiques de Pierre Clastres et montrer que ces relectures ne sont pas contradictoires avec le matériel Guayaki .

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Relecture des deux grandes thèses politiques de Pierre Clastres

Il y a désormais dans l’histoire de la philosophie politique un avant et un après Pierre Clastres [1974] marqué par une coupure « épistémologique » qui se fonde sur la désignation d’un REEL acquise par Pierre Clastres grâce à sa pratique d’ethnologue. Les philosophes ont beaucoup apprécié le travail de Pierre Clastres. Cette coupure épistémologique, la désignation de son REEL, l’avancée scientifique qu’ils permettaient, les ethnologues classiques n’y ont rien vu (27). D’où vient le quiproquo ? Pierre Clastres utilise de façon implicite une épistémologie « non classique » et une anthropologie « non classique » qui n’est pas en usage chez les ethnologues classiques. Cette explicitation épistémologique, Pierre Clastres a certainement pu la faire avant mon départ au Mali 1976/1977. Nous lui avions fait lire le texte qu’il nous avait demandé d’écrire, Michel Cartry et moi même en 1975 : « D’un emploi possible du concept de topique en ethnologie »( op.cit).

Le quiproquo entre Pierre Clastres et les ethnologues classiques, que ceux-ci soient des adversaires, des concurrents ou des amis de Pierre Clastres (dont Michel Cartry et Alfred Adler) est dû au fait que les ethnologues classiques ne peuvent pas décrire des objets canoniques, sur un terrain empirique, comme « Société », « Etat », « Société sans Etat », « Société à Etat », « Société contre l’Etat ». Ils ne peuvent utiliser sur leur terrain empirique d’étude un énoncé normatif comme « Une société sans Etat est contre l’Etat ». En occupant le méga-site d’un sujet canonique supposé sans corps du projet classique des sciences (sans FREUD = « sans inconscient » et sans MARX = « sans appartenance sociale »), les ethnologues classiques ne peuvent pas penser l’espace de langage qu’ils occupent et éclipsent et qui n’est autre que ce que désigne Pierre Clastres en parlant de «société à Etat » [S1]. Ils cherchent à décrire le rapport S1/S2 sans pouvoir tenir compte de leur propre ETAT (28).

Ne disposant que d’un domaine d’étude [X], les ethnologues classiques n’ont pas les moyens scientifiques de faire fonctionner une épistémologie de l’interaction entre deux domaines d’étude : leur domaine d’étude [X] et le contre-domaine d’étude [Y] où se loge le LOGOS qui étudie leur domaine d’étude [X]. Les ethnologues classiques n’ont pas, ainsi, les moyens d’accéder à une transformation de l’ETRE SOCIAL de l’observateur. Pour cela, il leur faudrait deux domaines d’Etude. Ils ne peuvent donc accéder au REEL de l’anthropologie puisque ce REEL se développe dans la double flexion X/Y ou Y/X qui se produit entre deux domaines d’étude. Le domaine S1 et le domaine S2. L’ETRE SOCIAL de l’observateur classique est donc l’invariant non analysable de toutes les descriptions. Enfin, les ethnologues classiques n’ont pas non plus les moyens «révolutionnaires» (au sens de Freud ou de Marx) de communiquer un REEL du domaine de l’ethnologie (X) au domaine de la sociologie et de l’histoire (Y). Or c’est bien dans ce jeu d’interaction entre deux domaines -que la pensée classique laisse séparés : de S1 vers S2 puis de S2 vers S1- que se situe l’apport révolutionnaire des deux grandes thèses politiques de Pierre Clastres (que je noterai T et TT).

Dans le modèle théorique qu’utilise Clastres, il n’y a que DEUX sociétés S1 et S2 et qu’UN seul Etat en S1.

Par définition, nous dirons que la société qui détient la grammaire de l’ETRE SOCIAL de l’observateur galiléen des sciences (dont l’ethnologue est un des

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représentants) est la «société à Etat » [S1]. La société qui ne dispose pas de la grammaire générative qui a produit l’Etre social de l’observateur du projet galiléen des sciences est la «société sans Etat» [S2]. «Sans Etat» signifie «ne pas avoir dans son espace sémiologique le regard omnipotent d’un Dieu laïcisé se sur-imprimant sur le savant absolu des sciences physiques et des sciences sociales».

Le Janus du projet classique des sciences (29)

Les ethnologues classiques fonctionnent avec les yeux de Galilée -deux yeux sur le front et deux yeux dans la tête- pour décrire et comprendre le vaste livre du monde. Ils ne disposent que d’un domaine d’étude et leur objectif scientifique est d’ajuster les descriptions acquises, à l’aide de mesures avec les yeux sur le front, sur les descriptions acquises à l’aide de calcul avec les yeux dans la tête. L’objectif classique du travail de science est de transformer une surface externe mal syntaxisée de descriptions empiriques premières, en une surface interne bien syntaxisée de descriptions rationnelles secondes générées à l’aide de règles de générativités formelles n’ayant besoin, pour que se produise le miracle de la science, que d’un nombre fini d’opérations. Ce modèle présuppose la stabilité du domaine d’étude [les Guayaki ne changent pas pendant l’opération], la transparence du LOGOS scientifique capable de produire à distance la duplication des descriptions [|’ETRE SOCIAL des Gyayaki n’est pas modifié lorsqu’on modifie la puissance de la syntaxe et qu’on passe à un espace de signes détruits dans leurs dimensions de signes arbitraires par l’opération textuelle du travail de science]. Enfin, en faisant appel à un sujet canonique supposé sans corps, capable d’énoncer le LOGOS transparent plaçant les points i/i’ mal syntaxisés (visés par les yeux sur le front) sur les points i/ [sans i’] bien syntaxisés (visés par les yeux dans la tête), le sujet canonique des sciences ne peut réceptionner aucune fonction sémantique issue de son domaine d’étude. Nous avons un aveugle [les yeux sur le front ayant été crevés par les yeux dans la tête] totalement sourd aux messages du monde, sans oreilles. Pour accéder aux messages des objets de langage, il est donc nécessaire de faire appel à une épistémologie non classique que j’appelle épistémologie « d’exigence linguistique » ou « épistémologie seconde ».

Avant mon départ en Afrique, [1976/1977], j’avais compris que les objets de langage (posant j ≠j’) étaient masqués ou détruits par les propriétés de langage du projet classique des sciences (posant j=j’): le lieu d’une énonciation déictique [j], n’impliquant pas de réceptionnaire, se superposant au lieu d’une énonciation anaphorique [j’] impliquant un réceptionnaire. J’en avais fait part à Pierre Clastres. Lorsqu’on remplace « objet de langage » par « corps humain » ou par « grammaire de l’ETRE SOCIAL », on trouve la même chose. Un espace convergent de capture du corps humain S2 ne peut que mourir sémiologiquement si de l’autre côté de la capture se trouve un autre espace convergent S1.La seule solution est donc de rendre impossible la production d’un Etat S1 qui transformerait la divergence à la source des flèches qui visent S2 en un espace de convergence. L’impossibilité n’est pas sociologique, elle est sémiologique.

La belle découverte de Pierre Clastres

La première grande thèse politique de Pierre Clastres peut être réécrite anthropologiquement. Elle désigne la destruction de la grammaire de l’ETRE SOCIAL des groupes sociaux des sociétés sans Etat, lorsque les propriétés de langage de cette

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grammaire de l’ETRE SOCIAL interfèrent avec le langage de l’ETAT. Pierre Clastres a découvert l’existence d’un lien non évident entre deux phénoménologies langagières apparemment séparées : 1) le langage du sujet supposé sans corps, capable d’imposer les choix politiques que présuppose un ETAT où un méga-sujet supposé sans corps propose, de façon au besoin coercitive, à d’autres sujets, supposés sans corps, de suivre le cheminement de l’UN propre à l’espace TABLEAU d’un arbre de choix; 2) Les propriétés sémiologiques incorporées dans le corps humain en tant que corps de langage capable de s’élaborer en tant qu’ ETRE SOCIAL.

Réécriture épistémologique et anthropologique de la première thèse de Pierre Clastres :

Lorsqu’on désigne dans l’énoncé T « Les sociétés sans Etat sont des sociétés contre l’Etat » le marqueur épistémologique d’un REEL, on obtient : T 1 = : « Les sociétés sans Etat [S2] sont des sociétés qui développent les effets d’un REEL sociologique –fondamentalement non conscient (30) - « Contre l’Etat » [S1] « rendant l’avènement d’un ETAT impossible » car la grammaire de l’ETRE SOCIAL de ces sociétés (qui ne dispose pas d’une longue Histoire rapportée ) en interférant avec l’arbre de choix d’une société à Etat, se détruit. » (31)

Réécriture du second énoncé politique de Pierre Clastres (TT) : La révolution copernicienne de Pierre Clastres, sans le marqueur épistémologique, nous avons TT : TT = « Les sociétés à Etat doivent être pensées à partir des sociétés contre l’Etat »

Avant Pierre Clastres, les sociologues classiques ne disposaient pas d’un REEL sociologique qui leur permettrait d’échapper à leurs imaginaires historiques évolutionnistes [universalistes, naturalistes] et d’accéder aux propriétés de leurs domaines d’objets [SOCIUS HISTORIQUE]. Leurs idéologies les conduisaient à penser que les « sociétés sans Etat » étaient des sociétés « naturellement » en « manque d’Etat » et que, dès lors, il suffirait d’aider les groupes sociaux de ces sociétés à former des Etats pour que se développent et s’épanouissent leurs êtres sociaux.

Après Pierre Clastres, les sociologues non classiques peuvent désormais disposer du REEL sociologique recherché conformément à l’imaginaire épistémologique des sciences galiléennes et mis en évidence dans les sociétés sans Etat par les ethnologues qui suivent Pierre Clastres. Ils savent désormais qu’il se déploie dans toute société un REEL SOCIOLOGIQUE de nature sémiologique et anthropologique non conscient qui fait que le meilleur moyen de détruire les groupes sociaux des sociétés sans Etat, est de les aider à former -dans l’horizon discursif consensuel et sémiologique bien unifié d’un espace géopolitique partagé - en toute innocence et en toute ignorance scientifique - des Etats centralisés.

De l’ethnologie des sociétés sans Histoire écrite, l’acte de science peut, dès lors, repasser à la sociologie des sociétés à Histoire. De Mauss (1872-1950), on repasse à Durkheim (1858-1917) et à une science de l’Histoire permettant de comprendre les lois qui bloquent l’émergence de l’Histoire dans les sociétés sans Etat et les lois qui

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conduisent à l’évolution des sociétés historiques et à l’effondrement des Etats à la fin de leurs Histoires.

Avec le marqueur épistémologique, nous avons : TT1 = « Les sociétés à Etat [S1] doivent être pensées à partir du REEL sociologique « Contre l’Etat » qui a été mis en évidence dans les sociétés sans Etat [S2]». (32)

Effectivement, les personnels – réels ou fictifs- des sociétés à Etat S1, en réalisant, consciemment ou non, une division sociologique « transférentielle » entre ceux qui obéissent et ceux qui commandent - viennent occuper et éclipser – les espaces- sémiologiques-divergents [notés S22] où se logent les bases de générativité des NAÎTRES SOCIAUX. Ils viennent alors bloquer mortellement – « immédiatement » au début de l’ Histoire de l’Etat des sociétés sans Etat S2 et « finalement » à la fin de l’ Histoire de l’Etat des sociétés à Etat S1- les exigences de réécriture des grammaires de l’ETRE SOCIAL que les individus et les groupes sociaux doivent réaliser pour échapper aux conséquences sémiologiques mortifères que développent les drames de leurs histoires sociales et de leurs histoires de vie.

Les deux thèses politiques T/T1 et TT/TT1 de Pierre Clastres désignent une « coupure épistémologique » indice d’un REEL capable de produire un partage entre idéologie et science. Cette coupure (qui se produit dans l’ordre du discours) n’a pas échappé aux philosophes. Problème I : Si les philosophes --ces horlogers de la pensée et ces ingénieurs du concept- sont capables de saluer l’importance de cette coupure dans le discours et l’histoire de la philosophie politique, ils n’ont pas les moyens scientifiques de valider l’existence (ou la non existence) du REEL qu’elle présuppose. Ils sont obligés de faire confiance à la pratique ethnologique de Pierre Clastres et d’écouter les critiques que les ethnologues -ses confrères avertis- ont de sa pratique. Problème II : les ethnologues classiques -ces pourvoyeurs de merveilles empiriques capables de casser tout découpage conceptuel préétabli- n’utilisent pas la même épistémologie que Pierre Clastres. Ils ne peuvent apprécier ses apports épistémologiques. Ils ne peuvent concevoir l’anthropologie « non classique » qu’il utilise. Leur domaine focal empirique d’étude [X] ne peut interférer sur le contre-domaine non focal [Y] dans lequel se situe le LOGOS qu’ils utilisent pour décrire et réécrire leur domaine d’étude [X]. Lorsqu’il se produit des interférences entre [X] et [Y], ces interférences sont inavouables (logées dans la partie littéraire du texte scientifique, rejetées dans le privé du divan de la psychanalyse, etc).

Les pratiques du CONTR’UN

Après mon retour d’Afrique, je pus mieux comprendre le fait que le corps humain - en tant que corps sémiologiquement codé- était un « objet de langage ». Les pratiques divinatoires obligent l’ethnologue à modifier ses façons de faire, d’énoncer, de se posturer, etc. C’est cette pratique « forte » de terrain qui m’a conduit à créer « l’anthropologie transformationnelle » (33). Ce n’est que bien plus tard, après la découverte de lois formelles, très simples, bien qu’inimaginables -qui règlent l’exécution des trois souverains européens Charles 1er d’Angleterre, Louis XVI de France et Nicolas II de Russie- que je compris que l’anthropologie transformationnelle n’était rien d’autre que l’anthropologie « non classique » que présupposaient les

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énoncés politiques de Pierre Clastres. C’est également cette anthropologie qui permet de concevoir les techniques de restauration des grammaires de l’ETRE SOCIAL. Les devins cherchent -dans un langage non scientifique- à raccommoder, à l’aide de « sur- textes », les sémiologies qu’incorporent leurs clients. Ils cherchent à les aider (dans la fiction de la divination) à se réapproprier ces sur-textes, à les occuper et à les éclipser sur d’autres bases et à les « dé-sémiologiser » de nouveau, grâce aux prescriptions sacrificielles (34). Or pour que les restaurations des grammaires des ETRES SOCIAUX puissent avoir lieu, il est nécessaire de libérer -de vider- les espaces sémiologiques sur lesquels se trouvent (dans la réalité ou dans la fiction) les bases de générativité des grammatiques. Or ce sont dans ces mêmes espaces que viennent se loger les corps (réels ou fictifs) des chefs d’Etats. Pour libérer les bases de générativité des ETRES SOCIAUX (bases que nous appelons des NAITRES SOCIAUX) il est nécessaire, dès lors, de chasser l’occupation et l’éclipse que produisent, dans les espace des NAITRES SOCIAUX, les grandes vedettes du pouvoir, afin que le lieu de départ de la structure (j→i) ne se confonde pas avec son point d’arrivée ( i’→j’) et que le tissu sémiologique de l’humain ne se détruise. Si dans les grandes religions du texte, Dieu « descend un livre » (où j≠j’) c’est afin que les hommes n’aient pas l’imprudence d’aller à sa rencontre (où j=j’) et qu’ils puissent faire « retour à Dieu » (au voisinage de O[i/i’] t) avant de faire un retour à dieu (au voisinage de O[ j/j’]tt) qui risquerait de les « griller » (35).

Le but d’une géomancie africaine est de retravailler la base de générativité de la grammaire d’un ETRE SOCIAL logée sur le site de générativité fantasmé -placé à l’EST- où se trouve son NAITRE SOCIAL en [j] sans que les sur-textes sacrificiels réparateurs ne viennent détruire, en [j=j’], les grammaires collectives -historiques- de l’ETRE SOCIAL (36) . C’est ce que les géomanciens font en passant des quatre figures MERES aux quatre figures FILLES de telle manière que le lieu de la naissance [j] ne soit pas logé au même endroit qu’au lieu de la mort [j’]. C’est également ce que les façons de NAITRE Gyayaki font en séparant le lieu [j’Π] -vers où est rehaussé l’enfant descendu du lieu [j]- du lieu j’ où apparaîtra le maître de la mort, le Jaguar, que le père de l’enfant aura le pouvoir sémiologique (i/i’-→j’) de tuer s’il évite de loger son regard en i/ i’∏->j’∏.

Nous pouvons dès lors proposer un modèle de la mécanique du « CONTR’UN » que présuppose le REEL de l’énoncé T1 que nous appellerons l’énoncé T2 : « Les sociétés primitives sont évidemment « CONTR ’UN » car ce sont des sociétés S2 captives d’un espace divergent (où j≠j’) énoncé par ces Etats défunts (notés S22, indice de divergence) que sont les grossesses. Leurs ETRES SOCIAUX ne peuvent dès lors survivre sémiologiquement lorsque l’espace forclos des grossesses S22(où se trouvent leurs NAITRES SOCIAUX) est occupé par un espace convergent (où j=j’) capable de produire sur S2, les déictiques d’un arbre de choix (dont l’arrêt des menstrues est un des mémoires féminins les plus difficiles à désémiologiser, à effacer)».

Les sémiologies religieuses s’ajustent dans ce type de REEL. Le REEL de la thèse T est lié au fait qu’il n’existe d’autre temps historique répertorié dans la grammaire de l’ETRE SOCIAL d’une société sans longue histoire que la fin des règles qui débute une grossesse. Quand un drame survient à l’âge T=t d’un individu, la grammaire générative qui va chercher à modifier son NAITRE historique va se produire au temps TT=2t. Or

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la sémiologie meurt au temps TT puisqu’il y a retour sur son naître social et destruction de l’espace de signes que présuppose son ETRE SOCIAL.

Un pouvoir coercitif oblige le corps humain à faire des actions sans connaître les conséquences langagières « sémiologiquement mortelles » de ces actions. L’élucidation de ces conséquences et la restauration des lyses se développent dans un REEL que cherche à travailler le religieux avec tous les arts de la croyance, de l’idéologie et de la fadaise. Bien que les devins ne sachent pas ce qu’ils font, ils savent brouiller, quelques fois de façon heureuse, les effets de champs des objets de langage. C’est parfois mieux qu’une guerre mondiale.

Le temps 2t est trop court dans les sociétés dites sans Etat au temps T=t du début d’une Histoire de l’Etat. Il faut, pour allonger la valeur du temps 2t, faire appel à la fiction d’une religion ou à la fiction d’un rapport de transfert à un maître. C’est la réponse à la question de La Boétie. Il y aura soumission et satisfaction à la soumission.

Lorsqu’on plonge le second énoncé politique de Pierre Clastres, dans un espace de langage, on peut traduire cet énoncé comme si l’évolution de l’Histoire d’une société à Etat suivait l’espace-temps de langage qui va du REEL sociologique (en situation d’émetteur [i/i’∏] ) de la société sans Etat (détruite par l’Etat au temps t) au REEL sociologique (en situation de réceptionnaire [j’∏] ) de la société à Etat (détruire au temps tt d’une anthropologie de l’Histoire) . Nous obtenons l’énoncé TT2 :

TT2 = « Le temps Historique d’une société à Etat [S1] va du début à la fin de l’histoire de cet Etat en développant le REEL qui s’est produit au temps T jusqu’au temps TT=2T où se produit l’extinction de l’Etat. »

Cet énoncé cherche à penser la communication d’un REEL sociologique dans un espace-temps de langage, propre à la seconde branche d’une grammaire de l’ETRE SOCIAL en mutation, capable de se communiquer dans les effets de son REEL, du début (au temps T) à la fin (au temps TT) de l’Histoire de l’ETAT (37) .

S’agit-il d’un fantasme théorique de notre part ? Les pratiques divinatoires questionnent un REEL producteur d’attracteurs formels de nature sémiologique – dépendants du montage historique du corps humain en tant qu’ ETRE SOCIAL- qui se déploient aussi bien dans les sociétés sans « Histoire » que dans les sociétés à « Histoire » . Nous ne pouvons plus, dès lors, être dans la croyance – une idéologie bourgeoise qui a besoin de nous faire croire qu’en montant aux « affaires »- , elle va gouverner l’Histoire impensable des effets du pouvoir sur le corps humain- qu’il n’existe pas de REEL dans lequel s’attractent et se déploient les grandes ordures répétitives de l’Histoire. Ce que Pierre Clastres a cherché à saisir, en mettant en évidence ethnologiquement chez les Indiens Guayaki, Guarani et Chulupi, les effets d’un REEL aux conséquences mortifères, ce sont les effets également mortifères , du même REEL qui a induit, historiquement, de façon encore plus voilée, par delà leurs conquêtes, les dérapages des trois grandes révolutions d’Angleterre, de France et de Russie jusqu’à aboutir - en cette fameuse année 1956 -, à l’effondrement - « inconcevable », « affligeant » et « consternant » - de la légitimité de l’engagement militant qu’il avait pris, après l’avoir longuement mûri, avec François Châtelet et ses camarades communistes(38). Ce que vise Pierre Clastres avec l’énoncé TT, c’est ni plus

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ni moins une loi de la fin d’un pouvoir politique au bout du choix civilisationnel d’une Histoire.

En guise de CONCLUSION , ce résumé :

On trouve dans l’œuvre de Pierre Clastres deux grandes thèses politiques. La thèse (que je note) T : « Les sociétés sans Etat sont des sociétés contre l’Etat » et la thèse (que je note) TT : « Les sociétés à Etat doivent être pensées à partir des sociétés contre l’Etat ». Ces deux thèses, en fait, n’en font qu’une qu’on pourrait placer à l’intérieur d’un seul objet de langage O (t, tt) où, d’une part, O(t) désigne le défaut de générativité que l’observateur issu d’une société à Etat (notée S1) a d’une société sans Etat (notée S2) lorsqu’il passe de S1 à S2, et où, d’autre part, O(t, tt) est le REEL qui se communique d’une société sans Etat S2 -en tant que société « Contre l’Etat »- dans une société à Etat S1. L’incompréhension entre l’œuvre ethnologique de Pierre Clastres et les ethnologues classiques vient du fait que Pierre Clastres utilise de façon révolutionnaire le discours classique sans désigner l’épistémologie non classique que présuppose son usage révolutionnaire. Le propre d’un objet de langage O (t, tt) est de n’être appréhendable [décrit, expliqué ou compris] que lorsqu’on fait appel à un dispositif scientifique « non classique », capable de suivre de O(t) à O(t, tt) des variations méta-linguistiques de nature sitologique et topologique du lieu d’où l’observateur classique cherche à appréhender localement les deux parties de son objet. Lorsqu’une science rencontre dans son domaine d’étude un objet de langage O (t, tt) et qu’elle fait usage de l’épistémologie ancienne, utilisée par les philosophes et les ethnologues classiques, elle morcelle cet objet en deux parties : la partie O(t) = T et la partie O(tt)= TT en perdant le REEL langagier que déploie l’objet. En produisant une réécriture épistémologique et anthropologique « non classique » « transformationnelle » des thèses O(T ; TT) de Pierre Clastres, il est possible d’accéder au REEL « Contre l’Etat » qu’elles désignent .

Dès 1973/74, j’énonçais le méta-théorème d’épistémologie des sciences qui me valut d’être lauréat de la Fondation de la vocation [1974] que j’ai communiqué à Michel Cartry et à Pierre Clastres en 1974. En 1974, je ne connaissais pas l’œuvre de Pierre Clastres, - Michel Cartry m’ayant seulement demandé de présenter ma théorie à Pierre Clastres- je ne fis pas le lien entre mon théorème d’épistémologie linguistique et les thèses de Pierre Clastres. Lorsqu’on connaît les thèses politiques de Pierre Clastres, la traduction est facile à faire. Il suffit de remplacer « Le langage classique des sciences » par « Société à Etat », « Objet de langage » par « Société sans Etat », « l’égalité j=j’ entre le site j de l’énonciateur d’un canal de la communication et le site j’ du réceptionnaire du même canal » par « le règne de l’UN », « l’inégalité j≠j’ caractéristique d’une sémiologie » par « le règne du CONTR’UN ». Enfin, il suffit de dire que «les objets de langage » (i/i’), pour éviter d’être détruits dans leurs dimensions sémiologiques, doivent s’opposer à l’avènement d’un Etat où tous les objets étudiés i/i’ sont ramenés à un seul j =j’ » pour obtenir la thèse T de Pierre Clastres. J’ai du mal à penser que Pierre Clastres et Michel Cartry -eux qui connaissaient la théorie politique de Pierre Clastres- n’aient pas été attirés par mon propos épistémologique général grâce à ces analogies très simples à repérer. Je connaissais donc (sans le savoir en 1974) l’épistémologie « non classique » qu’utilise implicitement Pierre Clastres. Je l’utilisais en linguistique sémantique bien avant d’aller en Afrique, mais je ne connaissais pas l’anthropologie « non classique » qu’utilisait

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implicitement Pierre Clastres. Il a fallu pour cela que je devienne moi-même ethnologue et sois conduit à repérer -en changeant de codes posturaux- les dimensions langagières du corps humain en tant qu’ETRE SOCIAL. Le corps humain fonctionne comme un objet de langage et est soumis aux propriétés sémiologiques (i/i’) de tout signe linguistique.

L’usage révolutionnaire que Pierre fait de la philosophie et de l’anthropologie classique, bien que producteur de sens et d’intelligence, n’est pas garant de la découverte d’un REEL explicitable dans un texte scientifique. Pour faire cet acte de science, il faut développer des outils difficiles à réunir dans une seule discipline. Ma traduction philologique « non classique » de la géomancie latine européenne citadine (que Pierre mettrait du côté des sociétés à Etat) m’aida énormément pour accéder -par une transformation inter-grammaticale allant de la société de l’observateur à la société des observés- à la géomancie africaine bambara villageoise. Je disposais ainsi d’un « passeport » - d’une nouvelle pierre de Rosette(39). La relecture des thèses T et TT de Pierre Clastres nous permet de dégager des hypothèses vérifiables sur des corpus historiques . Nous ne pouvons -dans les limites de ce texte- que le signaler sans fournir ici le dossier complet que permet cette recherche. Le passage de la thèse T à la thèse TT fait appel à la communication d’un REEL que travaillent et que bloquent, dans ses effets mortifères, aussi bien les Guayaki que les géomanciens africains. En questionnant formellement leurs pratiques et en replaçant les formalismes que déploient ces pratiques à l’intérieur de la longue Histoire d’un Etat, il est possible de mettre en évidence des propriétés formelles insoupçonnées -sémantiquement compréhensibles- qui gouvernent les trois révolutions européennes d’Angleterre, de France et de Russie (40) . Nous pouvons désormais avancer l’idée qu’il existe donc des lois de l’Histoire ou tout au moins des régularités historiques très puissantes inconnues des intéressés. Tel est l’objectif scientifique du passage de la thèse T à la thèse TT de Pierre Clastres. La retraduction de la thèse TT nous permet de désigner à l’échelle du déploiement culturel d’une grande histoire politique les liens formels insoupçonnés qui se sont développés, par exemple, entre Karl Marx et les dirigeants de l’URSS et de la Chine captifs, les uns et les autres, d’un même culte de la personnalité (41). Enfin, la retraduction de la Thèse T sur une très grande échelle historique met en évidence des liens formels insoupçonnés qu’il y a entre l’effondrement de l’Empire Romain d’occident et la succession des grands clivages dynastiques de l’Histoire de France(42). En conclusion, la relecture anthropologique « transformationnelle » et « non classique » des deux thèses de Pierre Clastres permet de donner une définition claire et précise de l’anthropologie politique de Pierre Clastres. C’est l’étude des effets des choix politiques sur les dimensions langagières des corps humains en tant que ces corps sont des corps sociaux(43).


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Notes

Note 1
Une version plus courte de ce texte « De Michel Cartry à Pierre Clastres. Souvenirs, éclaircissements et résultats. » ayant pour sous-titre « Relecture des thèses politiques de Pierre Clastres à partir de l’épistémologie linguistique et de l’anthropologie transformationnelle » [2011] - qui signalait initialement son résultat principal à l’aide d’un sous-titre plus affirmatif : « De l’existence d’un REEL de nature sémiologique en anthropologie sociale, en anthropologie religieuse et en anthropologie politique. » [2011] - a été écrite en vue de la parution des actes du colloque international « Pierre Clastres et Nous » . Le Colloque a eu lieu les 18, 19, 20 novembre 2009, à Paris Unesco /Collège International de Philosophie sous la direction de Miguel ABENSOUR et d’Anne KUPIEC . Qu’ils en soient ici sincèrement remerciés. Sans eux je n’aurais pas eu le courage d’écrire ces textes qui remettent en chantier l’histoire de ma recherche . Le texte plus court retenu par Miguel ABENSOUR pour les actes du Colloque a pour titre « Relecture des thèses politiques de Pierre Clastres à partir de l’analyse topologique de la pratique des devins bambara du Mali » [2010] . Le titre de ma conférence au colloque « Pierre Clastres et Nous » avait pour titre : « Relecture anthropologique du discours du Contr’Un des devins bambara du Mali. » [2009].

Note 2
« La mort ? Ce serait trop beau que – face au REEL- on puisse s’en sortir à si bon compte » Michel Cartry à Ch. Bertaux et/ou Ch. Bertaux à Michel Cartry, Hossegor 1975.

Note 3
François CHÂTELET (1925-1985) est historien de la philosophie et philosophe politique. Il eut, alors qu’il était professeur de philosophie à Paris en Sorbonne pour étudiants en philosophie, quatre jeunes communistes qui devinrent de grands ethnologues : Michel Cartry (1931-2008), Lucien Sébag (1933-1965), Pierre Clastres(1934-1977) et Alfred Adler (né en 1934). Il les retrouvait régulièrement de 1953 à 1956 dans la cellule des étudiants communistes de la Sorbonne où ils réfléchissaient ensemble sur leurs engagements et leurs pratiques théoriques.

Note 4
L'ouverture du XXe Congrès du Parti Communiste (PC) de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) s'est faite en février 1956. C'est lors de ce Congrès, le 25 février 1956, que le premier secrétaire du PC-URSS, Nikita KHROUCHTCHEV (1894-1971), prononçait son "rapport intérieur " (dit le "rapport secret") dénonçant les crimes de Staline. L'insurrection hongroise a eu lieu en octobre 1956 . Les chars soviétiques interviennent . Les premiers tirs sur les insurgés ont lieu le 23 octobre 1956. Le chef du gouvernement hongrois à la tête du mouvement de libération Imre NAGY (1896-1958) est remplacé par Janos KADAR (1912-1989) imposé par l'armée soviétique. L'insurrection hongroise reprend en novembre 1956. Une nouvelle intervention des chars soviétiques a lieu les 5 et 6 novembre. Imre NAGY est arrêté. Il sera jugé, à la suite d'un procès tenu secret, puis exécuté. Sa fille, Anne-Marie LOSONCZY, deviendra ethnologue. Cf. Anne-Marie LOSONCZY, "Le saint et le citoyen au bord des tombes. Sanctification populaire de morts dans les cimetières urbains colombiens." in RELIGIOLOGIQUES, 18, automne 1998, 149-165. "Les chars soviétiques à Budapest, c'était le désaveu absolu de ce que Khrouchtchev avait dit en février 1956, quelques mois plus tôt." Dominique Desanti et Jean Toussaint Desanti, La Liberté nous aime encore" Ed. Odile Jacob, 2001, p 208 "1956 :[…] Comment analyser l'ensemble de cette année cruciale ? […]. Entre le rapport secret de Khrouchtchev (au XXe Congrès) sur les crimes de Staline, l'effroi des Partis communistes, surtout en Occident, devant cette vérité explosive (qui pouvait, pensaient-ils, les décapiter), leurs tentatitives pour la taire, puis l'amoindrir et la minimiser, même au prix d'amputations et de scandales… l'automne enflammé où en Pologne et Hongrie les masses s'insurgent et où les chars du pays-du-socialisme tirent sur les travailleurs, à Budapest, ce fut l'année du grand ébranlement." Dominique DESANTI (née en 1919)," Les Staliniens. Une expérience politique (1944-1956)" Ed. Fayard 1975 p 307. " Notre postulat était simple, sans retour et fondait notre engagement; a) La Révolution russe a été la première révolution prolétarienne de l'histoire. b) Le prolétariat est au pouvoir en U.R.S.S. c) L'U.R.S.S. est donc le pays du socialisme. C'était acquis. Acquis sans discussion. Sans cette évidence, il n'y avait pas de raisonnement politique cohérent. Dès que cette évidence s'est effondrée (en 1956 pour nous) tout s'est effondré. Ce ne fut pas un incendie, mais un tremblement de terre." " Un témoin: Jean Toussaint DESANTI ": Texte donné en annexe dans Dominique DESANTI, Les Staliniens. Une expérience politique (1944-1956) op. cit. p 361.

Note 5
Michel CARTRY (1931-2008), ethnologue africaniste, fut directeur d’Etudes à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, section des sciences religieuses. Il repris la chaire de Germaine Dieterlen (1903-1999). Il travailla chez les Gourmantchè de Haute Volta (Burkina Faso). Dès son premier texte de 1963, Michel Cartry faisait une découverte fondamentale : l’existence d’une écriture divinatoire africaine non

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vernaculaire cherchant à retravailler des choix prénataux. Pierre Clastres connaissait les travaux de son ami.

Note 6
Alfred ADLER (né en 1934) est un des meilleurs spécialistes de l’anthropologie politique africaniste. C’est un bon exemple d’ethnologue de terrain -ami de longue date de Pierre Clastres- qui, en étant dans l’impossibilité de dépasser le quiproquo épistémologique qui s’est produit entre Pierre Clastres et les ethnologues classiques, est resté silencieux sur l’œuvre politique de son ami. Alfred ADLER étudie une société africaine à Etat puissant ayant développé un pouvoir centralisé : la royauté des Moundang du Tchad, que Pierre Clastres mettrait, paradoxalement pour un ethnologue classique, dans la catégorie des sociétés sans Etat [S2]. Pierre Clastres a connu le début de l’œuvre d’Alfred ADLER : « Le bâton de l’aveugle. Divination, maladie et pouvoir chez les Moundang du Tchad » [texte écrit avec Andras Zempléni, né en 1938], Ed. Hermann, Paris 1972 .

Note 7
Lucien SEBAG (1933-1965) fut un militant actif du PC de 1953 à 1955. Il contribua à la naissance de l’opposition communiste dans diverses cellules d’étudiants. Exclu du PCF en 1955, il fut jusqu’en 1960 lié à des mouvements d’Extrême-gauche. Il découvrit la psychanalyse en 1956. Il suivit une analyse avec Jacques Lacan (1901-1981). Dès 1961, il entreprit l’étude de la mythologie des Indiens Pueblos. Membre avec Clastres du laboratoire d’Anthropologie sociale dirigé par Claude Lévi-Strauss, il fit son premier terrain d’ethnologue en Amérique latine en janvier 1963 avec Pierre Clastres chez les Guayaki du Paraguay. Pierre Clastres nomme discrètement Sébag dans la « Chronique des Indiens Guayaki » [1972] (dédié « à Hélène ») en parlant de « mon collègue S. ». Sébag séjourna ensuite chez les Ayoréo de Bolivie. Il rentra à Paris en janvier 1964. Il fit paraître un livre« Marxisme et Structuralisme » [1964] (dédié « à JUDITH » ). Il se donna la mort le 9 janvier 1965. Une équipe de chercheurs a fait paraître en 1971 le livre posthume de Lucien SEBAG «L’invention du monde chez les indiens Pueblos » [Editions François Maspero] avec une préface de Claude Lévi-Strauss. François Châtelet a dédié « à Lucien Sébag » son livre sur Platon « Platon » [1965].

Note 8
« La Fondation de la Vocation » a été créée par Marcel Bleustein-Blanchet (1906-1996) qui voulait qu’elle soit « le prix Nobel de la Jeunesse ». Je me suis présenté à la Fondation en mars 1973 – un pneumatique de Jacques Lacan (1901-1981) en poche- en proposant à la « Vocation » pour thème de recherche « Le développement d’une compréhension linguistique du projet classique des sciences et des processus de pensée ». J’ai été reçu en 1974, avec les lauréats de la promotion « Marcel Pagnol » [1974] grâce au soutien et au parrainage de Raymond ARON (1905-1983) et à l’appui de deux de ses adversaires politiques : l’ épistémologue des mathématiques Jean-Toussaint DESANTI (1914-2002) et le sémiologue de la littérature Roland BARTHES (1917-1980). Cf. «Christian BERTAUX » [Remarque de Raymond Aron sur] in Jacques NOSARI, Les Talents et les Hommes, Promotion Marcel Pagnol, 3000 candidats, 23 lauréats, Le FIGARO, Mercredi 4 décembre 1974, p 28.

Note 9 : La propriété fondamentale d'un SIGNE LINGUISTIQUE i/i' en tant qu' objet minimal de langage j→i/i'→j' capable de caractériser l'espace -temps-sémiologique d'énonciation (où j≠j') que présuppose la production codée de tout ETRE SOCIAL.
Ch. Bertaux, « Logique et linguistique » Diplôme de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes [EPHE 6ème section/ EHESS, 1972] « Epistémologie linguistique et linguistique à entrée sémantique »[Doctorat de linguistique,EPHE 6ème section/EHESS, Université Paris 7-Jussieu, 1975]. L’idée est la suivante : On se donne pour objet minimal de langage O (t, tt) un SIGNE LINGUISTIQUE (i/i’). Pour qu’un signe linguistique (noté localement en i/i’), puisse « faire signe », il faut que l’espace dans lequel s’énonce le signifiant de j à i/i’ soit différent que l’espace d’où se réceptionne le signifié de i’ à j’. On a donc pour tout objet de langage O (t ; tt), la formule suivante : O ( [ j--→i]t / [i’--→j’]tt ), avec j≠j’. La lettre t de l’objet O(t, tt) est le temps d’énonciation ou d’effectuation qu’il faut pour parcourir la branche convergente [asymétrique] de l’énonciation du signifiant de j vers i’ et la lettre doublée tt de l’objet O(t,tt) est le temps qu’il faut pour parcourir la branche divergente [symétrique] du réceptionnaire des effets de sens issus du signifié de i’ vers j’. Pour qu’un signe soit détruit, il faut que j=j’ . On a alors t= tt, l’événement tt se produit alors au temps 2t.

Note 10
En 1974, après avoir fait son exposé sur la pratique du devin géomancien gourmantché, le LIIDO, Michel Cartry avait essayé -sans grande conviction- de théoriser le tableau du géomancien en faisant appel aux actants de A.Greimas (1917-1992). Il transformait à tort -en suivant l’idéal de représentation du projet classique des sciences- l’espace divinatoire d’un géomancien -espace qui a les propriétés d’une TOPIQUE- en un espace TABLEAU. Par définition, nous dirons que dans une représentation « TABLEAU » l’observateur est à l’extérieur du TABLEAU. En conséquence, il n’occupe pas et il n’éclipse pas une partie de l’espace des représentations que vise le tableau. A contrario, dans une TOPIQUE, l’observateur est nécessairement dans l’espace de la topique. En conséquence, il occupe et éclipse une partie de l’espace des représentations que fournit la topique. Pour qu’un signe fasse signe, il ne faut pas que l’on puisse voir simultanément l’espace j→i du signifiant S1 et l’espace i’→j’ du signifié S2. Un signe linguistique (signifiant/signifié) -les deux parties d’un tableau de géomancie (les quatre mères et les quatre filles) - l’opposition S1/S2 de Clastres- l’opposition « Part homme/ Part femme » chez

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Lacan (Cf. Le séminaire ENCORE) - l’opposition Liido= «devin géomancien sédentaire» / Jaba « devin aveugle itinérant » chez les Gourmantchè décrits par Michel Cartry -la relation Ache Gatu/ Ache « Etrangers » chez les Gyayaki décrits par Pierre Clastres- etc, se déploient dans une TOPIQUE. Ces objets « langagiers » ne sont pas représentables adéquatement dans un TABLEAU.

Note 11
Je n’en indique ici que deux. La troisième que j’appelle « μ(H) PY » [ lire « MU de H p i »] permet de questionner les corpus historiques (créations des nombres PY, des μ(H), etc). Voir « De l’existence d’un REEL simple dans les sciences sociales » (op.cit. INFRA)

Note 12
Christian Bertaux et Michel Cartry, « D’un emploi possible du concept de topique en ethnologie » [Inédit, 55 pages] Hossegor, septembre 1975. Dans ce texte écrit à la demande de Pierre Clastres et qu’a lu Pierre Clastres, sont donnés les concepts de « sujet épistémologique », de « topique », de « grammatique », de « procès d’effectuation » , de « bascule énonciative » et d’objet de langage O (t, tt). Avec Michel Cartry [1975], j’appelle « GRAMMATIQUE » la grammaire générative Gn de l’ETRE SOCIAL An d’un groupe social Sn.

Note 13
Cf. Ch. Bertaux, « L'être du corps dans l'espace de l'œil. Etude de quelques torsions corporelles amenées dans l'ordre d'un intertexte pictural: L'escamoteur de Jérôme Bosch (1480) et Les demoiselles d'Avignon de Pablo Picasso (1907)", in Peinture, cahiers théoriques, Ed. Louis CANE, Paris, n°14/15 mai 1979, pp180- 201, 7fig., 2 photos. « Gestes et images dans les cheminements de la parole. Les propriétés de l’énonciation ». Polycopié, université Paris 7-Denis Diderot [1985] pp 1-122 ; « '' La gestuelle du jeu de dames au Mali '' in Geste et Image, n°5, [9 pages, 5 fig.]. Publication du Centre de Recherche sur la réalité gestuelle des Sociétés humaines, CNRS, Paris 1985.

Note 14 : Sur les propriétés géométriques non euclidiennes du langage articulé.
J’ai peu à peu compris qu’un acte d’énonciation est un cheminement qui se déploie dans une « TOPIQUE » proposant à tout corps de langage associé à l’acte d’énonciation, de réaliser un passage qui va de l’espace de l’énonciateur A à l’espace du réceptionnaire B d’un canal de la communication déformé -comme dans le circuit saussurien de la parole- par l’actualisation énonciative défective des deux parties signifiant/signifié d’un signe linguistique. En changeant d’espace de langage, le corps de l’énonciateur change d’espace d’appartenance et de règles syntaxiques gouvernant ces espaces. En passant de A à B, du signifiant au signifié, il change, aux deux bouts du canal de la communication, de géométrie non euclidienne. La géométrie L (comme Lobatchevski) à plusieurs parallèles est du côté de A et la géométrie R (comme Riemann) sans parallèles, est du côté de B. C’est du côté de A que se développe l’espace RECTO de choix d’un pouvoir politique. C’est du côté de A qu’il faut placer la société à Etat S1 de Pierre Clastres. Par contre, c’est du côté de B que se développe l’espace VERSO de non choix d’un pouvoir religieux. C’est du côté de B qu’il faut placer la société sans Etat S2 de Pierre Clastres. L’objectif du pouvoir politique d’un Etat S1 est de transformer un espace de choix en un espace de non choix. Le but des techniques religieuses S2 que pourrait développer un anarchisme politique radical est de reconquérir l’espace de choix d’un NAITRE SOCIAL [à l’aide de choix fictifs, prénataux ou posthumes] à partir de l’ espace de non choix en crise de la grammaire de son ETRE SOCIAL.

Note 15 : Sur les propriétés linguistiques générales de nature énonciative de l'exogamie.
Toutes les explications données dans les textes de Emile Durkheim (1858-1917), Année Sociologique, Volume 1 [1896-1987], 1898 et de Claude Lévi-Strauss [1949] -pour expliquer l’interdiction de l’inceste –une aberration biologique- font appel à des théories de l’acteur qui sont à mon sens fausses ou insuffisantes. L’exogamie est pour nous une conséquence du REEL sémiologique que désigne le « contre l’Etat » de Pierre Clastres . La sexualité humaine (copulation j-→i/i’, grossesse i’→j’/j’’ », accouchement j’/ j’’->i’’, allaitement i’’’→j’’’/j’’’’) fonctionne dès lors comme un acte de parole [j’≠j]. Pour éviter que l’accouchement-parole j’/j’’->i’’ vienne détruire la naissance-parole j->i/i’, il faut conserver j≠j’ (séparer j de j’/j’’). Il faut passer de la branche d’un énonciateur [A] à la branche d’un réceptionnaire [B] en se dégageant de la branche de l’énonciateur [A] ( ce que nous appelons « déproduction de A » (pour produire B après avoir produit A) - et ce que Clastres appelle « Contre l’Etat »). Il en est de même avec l’exogamie. Il est nécessaire de se dégager de l’espace de ses géniteurs j->i/i’ pour pouvoir se reproduire j’’->i’’ dans un espace sémiologique humain capable de faire SENS et "jouissance" (= un ajustement au SENS capables de se multiplier dans le partage d’un SENS).

Note 16
Cf. Léon Vandermeersch, Wangdao ou la voie royale. Recherches sur l’esprit des institutions de la Chine archaïque. Ecole Française d’Extrême-Orient, Tome 1 : Structures cultuelles et structures familiales (1977) ; Tome 2 : Structures politiques, les rites (1980).

Note 17
Cf. Pierre Clastres, »Liberté, Malencontre, Innommable » in Etienne de La Boétie, Le discours de la servitude volontaire et La Boétie et la question du politique [Textes présentés par Miguel Abensour], Petite Biliothèque Payot [2002] pp 247-267.

Note 18
Cf. Michel Cartry, « Les yeux captifs » in Systèmes de signes, textes réunis en hommage à Germaine Dieterlen, Paris Hermann, 1978.

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Note 19
Ch. Bertaux, «Le Nombre de Pindare . Approche linguistique des mathématiques » [ Texte de la conférence que j'ai faite au Séminaire de Philosophie et de Mathématiques de l'Ecole Normale Supérieure de Paris juin 1984]. Conférence reprographiée à l'Institut des Hautes Etudes Scientifiques, diffusée par l'Ecole Normale Supérieure. « La Catastrophe archimédo-gravitique » [Texte de ma conférence faite au séminaire de René THOM à l'Institut des Hautes Etudes Scientifiques de Bures sur Yvettes], in Revue de philosophie culturelle, Ed. Enzo TALARICO, n°7, décembre 1985 , pp 53-64. « Les songes de Descartes de la nuit du 10 au 11 novembre 1619. Un problème d’anthropologie religieuse à l’intérieur de l’espace de communication du projet logico-mathématique » [Texte de la conférence que j’ai faite au Séminaire de Philosophie et de Mathématique de l’Ecole Normale Supérieur de Paris juin 1986]. Conférence reprographiée à l'Institut des Hautes Etudes Scientifiques, diffusé par l'Ecole Normale Supérieure.

Note 20
Cf. Ch. Bertaux, Approche formelle en sciences sociales. Recherches sur les histoires de vie et sur les biographies. Séminaire de DEA, Université Paris 7- Denis Diderot [1999]. Un RESSAC DE VIE transforme théoriquement l’événement H qui a eu lieu au voisinage du temps T à l’intérieur de l’espace- temps calendrier d’une vie (ou d’une ère) en un événement HH qui a eu lieu a posteriori au voisinage d’un temps TT dans l’espace-temps calendrier de cette même vie (ou de cette même ère). Par définition, pour qu’il y ait RESSAC DE VIE, il faut que le couple des deux événements H et HH suivent au moins deux propriétés. D’une part, une propriété informelle [S1] reliant sémantiquement les deux événements H et HH par au moins un SEME DE REPETITION. D’autre part, une propriété formelle [S2] - désignée par un calcul simple - reliant les voisinages des deux temps calendriers T et TT (comptés en années sociales entières dans l’espace-temps de cette vie ou de cette ère) où eurent lieu respectivement les deux événements H et HH. Lorsque la valeur du temps TT est proche de 2T, le RESSAC DE VIE se déploie à l’intérieur d’une géométrie du langage articulé que nous appelons « un milieu arithmétique relatif (ou absolu) de vie pour une longueur de vie allant de l’année N de la naissance à l’année M du décès ( ou de l’année N du début d’une ère à l’année M de la fin de cette ère) ». Nous parlons alors de « RESSAC DE VIE de milieu de vie »[noté RS-µ]. Lorsque la valeur du temps TT est très différente de 2T , le lien formel pertinent qui relie les deux temps T et TT correspondant aux deux événements H et HH peut être simplement de nature pré-euclidienne (notée PY « lire p-i »). Nous parlons alors de RESSAC DE VIE à valeur « pyrangulaire » [noté RS-PY]. A l’intérieur d’une « économie politique et religieuse » propre à une « anthropologie de l’Histoire », on peut réinterpréter l’événement HH qui développe le SEME DE REPETITION qui va de l’événement H à l’événement HH comme étant une « offrande sacrificielle masquée » [laïque] à l’intérieur de la géométrie langagière que présuppose ce type de construction. En étant masquée, elle est maximalisée – car, elle ne peut plus se réaliser comme si ce n’était qu’une offrande -non sourde- « symbolique », « ludique », « fictive », de nature sémantique. L’objectif d’un acte de sacrifice « démasqué » -religieux de type géomantique- est de pouvoir « minimaliser » la demande sociale de ré-événement mortifère HH afin d’éviter l’événement mortel « maximalisé » (masqué) HH=M qui se développe sur un RS-µ en le réalisant symboliquement (de façon « minimalisée » « démasquée ») avant 2T sur un RS-PY. Les « premiers milieux de vie » [notés µ’] sont les voisinages des milieux arithmétiques relatifs de vie µ’< µ qui se situent avant le milieu arithmétique absolu d’une vie µ = (N+M)/2. Voir Roland Barthes (1915-1980) pour le concept de « milieu (partiel) de vie » qu’il proposa, au Collège de France, à un de ses derniers séminaires.

Note 21
Le fait que la transformation doive se faire dans un texte scientifique est essentiel. C’est toute la différence qu’il y a entre une science [«un mathème» dirait Lacan] et une tradition [une relation de « gourou » - d’inconscient à inconscient- entre le corps d’un maître et celui d’un disciple] .

Note 22
Le concept de grammaire générative en linguistique mathématique a été développé par Noam CHOMSKY (né en 1928). La propriété fondamentale d’une langue, pour Chomsky, est la générativité. Qu’est-ce que la générativité ? C’est le fait qu’à partir d’un nombre fini d’informations, on puisse décoder un nombre potentiellement infini de phrases. Nous faisons l’hypothèse que la générativité visée par Chomsky n'est pas la propriété caractéristique seulement des langues vernaculaires. C'est la propriété également, d'une part, des GRAMMATIQUES c'est-à-dire des grammaires spécifiques de l'ETRE SOCIAL d'un groupe social historique, capables de générer, de façon codée, leurs façons de faire et de penser, d'autre part, des META-LANGAGES recherchés PAR TOUTE SCIENCE - classique X ou non classique X/Y- puisque le but d'une science est de décoder un nombre potentiellement infini d'énoncés rationnels à partir d'un nombre fini d'énoncés empiriques. Les gestes, les imaginaires, les postures, les pensées, les actes, …, sont codés à l’intérieur d’espaces spécifiques de liberté et de cohérence capable de les engendrer, au second degré, à l’intérieur des règles de générativité que présupposent –mais que n’engendrent pas- les soit-disant « systèmes de pensée » ». Les êtres sociaux se déroulent dans leurs façons de faire et de penser à l’intérieur d’ espaces- sémiologiques de langage transformant les corps et les actes de la vie quotidienne en corps-mots [ par exemple, une façon de se lever ou de saluer ] , en corps-phrases [ par exemple, une façon de se lever , puis de saluer ] et en corps-discours [ par exemple, une façon de se lever, de saluer, de s’asseoir, puis se re-lever] à l’intérieur de systèmes de cohérence qui fonctionnent comme les grammaires des langues vernaculaires, mais de façon inversée, dès lors que ces grammaires énonçent non pas « les signes [ qui se signalent au dehors d’une histoire] » d’une suite de phrases/mots, mais les « effacements des signes [qui ne se signalent qu’à l’intérieur d’une histoire en crise ] » d’une suite de corps-phrases et de corps-mots. Nous faisons l’hypothèse que les systèmes de cohérence entre codes sociaux qui caractérisent historiquement tel ou tel groupe social - les grammaires de l’ETRE SOCIAL - ont, comme les grammaires d’une langue vernaculaire, un pouvoir de générativité . Les façons de faire et de penser des êtres sociaux sont dépendantes de la grammaire générative spécifique qui réglemente leur ETRE SOCIAL. Lorsque ces façons de faire et de penser leur sont imposées de l’extérieur ( comme dirait Durkheim), elles peuvent ne plus être engendrables par la grammaire de leur ETRE SOCIAL et nécessitent - à l'intérieur d'un espace-temps-sémiologique-coercitif-déterminé de dimension historique (généralement masquée) s'imposant consciemment ou non consciemment aux intéressés- que les bases de générativité que présuppose leur ETRE SOCIAL soient modifiées. Les représentants d’un ETRE SOCIAL en crise de générativité sont dès lors forcés - à leur insu- de modifier leurs façons de faire et de penser, sans disposer des règles de générativités qui leur permettraient de disposer de la "créativité codée" capable de les générer. Cela va les conduire à produire une demande sociale synchronique de TRANSFERT - sexuelle, politique, culturelle ou religieuse- indigne de la philosophie des Lumières - à la recherche du site fantasmé – historiquement forclos- capable de leur livrer les techniques de méconnaissance – réelles ou fictives- - historiques ou mythiques- laïques ou religieuses- conscientes ou non conscientes- qui leur permettront de ré-énoncer [ = de réécrire, de ré-incorporer, de ré-enfouïr et de ré-amnésier] les bases sémiologiques de générativité reformulables capables à partir de la grammaire ancienne de leur ETRE SOCIAL d'engendrer leur ETRE SOCIAL nouveau. C’est à l’intérieur de ce type de REEL – qui a des exigences techniques et sociales précises, celles en particulier d'éviter de tuer tous les représentants d'un même ETRE SOCIAL en modifiant les règles de générativité de la grammaire que leur ETRE SOCIAL présuppose ( d'où le registre de la "sorcellerie politique" en Afrique noire ) – que se déploie ce que l’anthropologie religieuse a repéré sous le nom de "pratiques religieuses" et, plus particulièrement, de « prescription divinatoire ».

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Note 23
Christian BERTAUX «Théorie des catastrophes et divination par le sable» Passions des Formes à René Thom (Resp. Michèle PORTE coordinateur), E.N.S. Editions Fontenay-Saint Cloud, 1994 pp 257-286.

Note 24
Le canal de la communication que suit le « circuit saussurien de la parole » est déformé de façon vraisemblable, bien que « délirante ». Cf. Ch. Bertaux, « Linguistique occidentale et divination bambara » in La linguistique fantastique, Syvain Auroux, Jean-Claude Chevalier, Nicolas Jacques-Chaquin, Christian Marchello-Nizia, Ed. Denoël 1985 pp 367-377.





Le circuit de la parole dessiné dans le Cours de Linguistique Générale de Ferdinand de Saussure [1915]


« Le circuit saussurien de la parole suit un cheminement qui fait appel à huit points . De la gauche vers la droite se trouvent quatre points : j---→i/i’---→j’ avec j≠j’. Le double point i/i’ est logé au creux des chaînettes. Le point j est ici le point « crâne » du profil A. Il correspond de façon naïve au

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« signifié » [ou à « l’image conceptuelle »] énoncé par A. Il est logé sur la partie DROITE du crâne du personnage A. Le point j’ est ici le point « oreille » du profil B. Il correspond de façon naïve au « signifiant »[ ou à « l’image auditive »] réceptionné par B . Il est logé sur l’oreille GAUCHE du personnage B. De la droite vers la gauche se trouvent quatre points : j ∏-→i ∏/ i’ ∏--j’∏. Le double point allant de la droite vers la gauche i ∏/i’ ∏ se loge au voisinage du double point allant de la gauche vers la droite i/i’. Lorsque les deux têtes A et B se superposent ( la profil droite de B s’ajustant sur la tête qui porte le profil gauche de A ), l’ajustement des deux profils se fait dans le lieu unique d’un POUVOIR qu’on appellera le « MASQUE AB » ). Il se réalise en produisant une torsion möbienne [confondant RECTO et VERSO] du canal de la communication représenté par les doubles chaînettes. La torsion möbienne du canal de la communication aboutit à produire un « court-circuit » de l’espace- sémiologique désigné par les deux chaînettes qui se croisent et se plient sur la MASSE BA ( i=i ∏ /i’= i’ ∏ ) que nous placerons dans le creux des chaînettes dans une relation de face à face avec le MASQUE AB. La production du cheminement möbien qui va du MASQUE AB à la MASSE BA, puis de la MASSE BA au MASQUE AB s’énonce en quatre étapes : la dernière étant l’étape mortelle : j→i/i’∏- →j’∏ avec j= j’ ∏. Le but d’une pratique religieuse de type divinatoire est de transformer un j=j’∏ mortel en un j=j 2∏ non mortel. Le but d’un rituel de deuil est de demander au mort de tenir le lieu j’∏ afin que les vivants puissent avoir le temps de produire le lieu j 2∏ avant de faire retour sur j. La transformation « SON/SENS » allant de la gauche vers la droite - de Haut en Bas j---→i , jusqu’au « creux des chaînettes » (i/i’) puis de Bas en Haut i’---→j’ d’un « énonciateur premier » A à un « réceptionnaire premier » B suit une « géométrie naïve du langage articulé » faisant croire que le « double circuit de la parole » dessiné par les étudiants de Ferdinand de Saussure fonctionne comme deux chaînettes physiques d’un réseau télégraphique qui se « croiseraient » et qui "pèseraient" comme si elles étaient prises dans la gravitation. En fait, la déformation « gravitationnelle » [fantasmée] que désigne le circuit saussurien de la parole suit un ordre de REEL précis que l’on peut mettre en évidence à l’intérieur d’une grammaire des gestes et de l’arrêt des mots [hausser des épaules, lever des talons, soufflet, pet de bouche, actes phatiques (hum/hum), etc] qui règle les symptômes gestiques très codés propres à l’histoire de l’ETRE SOCIO-POLITIQUE et SOCIO-RELIGIEUX que présuppose ce schéma. Le circuit saussurien présuppose une démocratie et une égalité sexuelle dans les échanges interpersonnels. Il demande à tout parlant de s’ajuster – dans l’inconscient de son ETRE SOCIAL - sur le sujet supposé sans corps –décapité par la révolution française- de Louis XVI [= le profil A] ou de Marie Antoinette [= le profil B]. Le schéma saussurien A -> B dans l’espace-temps-sémiologique duquel se déploie une transformation SON/SENS suppose - à tort - que la transformation inverse B -> A « (SENS)/SON/SENS » allant – de la droite vers la gauche- de HAUT en BAS j ∏--→i ∏, jusqu’au « creux des chaînettes » (i ∏ /i’ ∏ ) puis de BAS en HAUT i’∏-→j’ ∏ - de l’énonciateur second B au réceptionnaire second A- suit, de façon symétrique, - en MIROIR- le même cheminement dans la même géométrie du langage articulé. Si on suit le schéma du circuit saussurien de la parole, le personnage B doit – à la différence du personnage A- être capable de modifier rapidement son ETRE SOCIAL en passant - grâce à une rupture j’//j ∏ - de l’espace du signifié i’-→j’ déclenché par A à l’espace du signifiant j ∏ →i ∏ déclenché dans la réponse de B. Le travail d’extraction [ en (j’//j ∏) ] est dessiné fantasmagoriquement de façon quasi-« divinatoire » sur le schéma des auditeurs du Cours par une augmentation de la longueur de la gorge de B plus grande que celle de A. L’extraction j’// j∏ permet à un auditeur premier B de se transformer en un auditeur/énonciateur second B . Cette extraction assurée par B implique un sur-travail qui (dans la grammaire de l’ETRE SOCIAL que présuppose le « FACE à FACE » saussurien) a longtemps été offert à la « part femme » de cet ETRE SOCIAL (Cf. Jacques Lacan, ENCORE). A charge, à cette « part femme » placée du côté du réceptionnaire /énonciateur B, de maquiller de façon virtuose ( hyper-accélérée) le défaut de syntaxe j’//j ∏ . Le défaut de syntaxe que doit maquiller la « part femme » logée en B du côté du « réceptionnaire/énonciateur » est à surmonter de façon bien plus rapide que le défaut de syntaxe symétrique j//j’∏ à surmonter par la « part homme » logée en A du côté de l’énonciateur/réceptionnaire A. Le « rouge aux lèvres » [ ajustant une surface VERSO vue de A sur une surface RECTO vue de B ], « une cigarette » [marquant du côté d’un réceptionnaire symétrique B le site asymétrique d’un lieu d’énonciation j∏ ] , les boucles d’oreille ( en nombre pair du côté de B : indice de symétrie propre à un réceptionnaire VERSO j’ vue par un énonciateur RECTO j ) , le lever des talons ( conservant j∏ ≠ j’), etc, permettent de brouiller les variations sitologiques et topologiques qui se développent en j’//j ∏ du côté de B entre le site j’ du réceptionnaire premier et le site j∏ de l’énonciateur second.

Note 25
ALPHA est une ligne d’énonciation descendante allant de haut [Y] en bas [X]. BETA est une ligne d’énonciation montante allant de bas [X] en haut [Y]. En passant d’une géomancie européenne citadine à

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une géomancie africaine villageoise, on change de type de canal de la communication. On passe d’une sitologie ALPHA/ BETA, pour deux personnes en face à face, à une sitologie BETA/ALPHA, pour deux personnes côte à côte. Le chef indien décrit par Clastres fait appel à une sitologie BETA/ ALPHA ∏, que j’appelle une énonciation « fumée ». L’opérateur ∏ désigne une rotation de 180 degrés. Dans l’énonciation « fumée » des Indiens d’Amérique [que l’on trouve des Indiens d’Amérique du Nord aux Indiens d’Amériques du Sud], le réceptionnaire/ énonciateur (j’//j∏) est fantasmé [«céleste »] . Ce sont aux paroles du chef d’aller –de la terre vers le ciel- chercher le site politico-religieux d’une écoute/parole capable de restaurer – l’inconscient de l’ETRE SOCIAL d’un auditoire (sciemment inattentif) pour être restauré dans les parties non consciente de son être. Le chemin énonciatif i’→j’ est parfois soutenu énonciativement à l’aide d’un LABRE capables d’orienter et de canaliser l’énonciation du chef de i’ vers j’ jusqu’à ce point de retour « céleste » j’// j∏ [ sans personne] d’où s’énonce une « écoute-parole » capable de restaurer tout le groupe social des auditeurs (dès lors que ces auditeurs demeurent inattentifs c’est-à-dire non pas attentifs au signifié des paroles, mais nourris par leurs signifiants). Le canal de la communication en usage chez les Indiens d’Amérique semble historiquement lié à un contexte sémiologique et géopolitique faisant l’usage d’actes de communication se déployant à l’aide de fumées dans un espace de langage dont il nous reste des traces sémiologiques incorporées.




Seule la partie « énonciative » initiale i’->j’ du canal de la communication « fumée » i’ -→j’/j∏→i∏ est ici indiquée, la partie réceptionnaire/énonciative j ∏→i ∏ n’est pas donnée. Le schéma du signe graphique n°1 « parler » et le dessin n°2 du geste «parler » correspondant au signe graphique, sont donnés dans « Les Signes mystérieux des Peaux-Rouges » de George Fronval et Daniel Dubois, Ferdinand Nathan, 1976. La photographie n°3 de l’ indien portant un labre à la lèvre inférieure est celle de Raoni, un des grands représentants charismatiques des indiens Txuccaramaes du Xingu du Brésil. Cette photographie est donnée dans « Raoni, Le tour du monde en 60 jours d’un Indien » de Jean-Pierre Dutilleux, Ed n°1 Filiopacchi, 1989. Du n°1 au n°3, nous passons de l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud comme si certains indiens d’Amérique du Sud avaient incorporé culturellement et réalisé morphologiquement – en déformant leurs lèvres et leurs bouches - une sémiologie énonciatives de type « fumée » venue d’Amérique du Nord.

Note 26
Voir Ch. BERTAUX [1994] pour le concept important de « microfait social ». L’ETRE SOCIAL est formé par un grand nombre de codes posturaux, de façons de faire -non conscientes ou peu conscientes- que j’appelle microfaits sociaux. Produire une pratique « forte » de terrain en anthropologie « transformationnelle » c’est changer ses microfaits sociaux. Le premier acte de communication qui se produit dès lors entre deux groupes sociaux est un acte de topologie linguistique : c’est l’acte de montrer que le voyageur [S1] peut inclure son corps dans l’espace sémiologique où se trouve le corps de son hôte [S2]. La technique la plus simple est l’offre d’une boisson ou d’un aliment. Grâce au déplacement de l’aliment de l’extérieur à l’intérieur du corps, le corps du visiteur passe de S1 à S2 en chassant –par absorption- S1. Cette petite opération de dé-production de S1 par S2 -universellement utilisée- n’est autre qu’un des actes qui appartiennent à la catégorie « anthropologique » du CONTRE L’ETAT de Pierre Clastres.

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Note 27
J’ai encore en mémoire les quelques mots que Michel Cartry me dit, rue Gay Lussac , à Paris, juste avant de frapper à la porte de Pierre Clastres . Je prends la responsabilité de la réécriture de « mémoire » de ce témoignage : « Pierre est un très grand ami. Il fait un travail extraordinaire sur les Indiens du Paraguay qu’il a décrits dans un livre « Chronique des Indiens Guayaki » [1972] qu’il faut absolument lire. Pierre a de plus des dons littéraires, ce qui ne gâche rien. Il est malheureusement en train de VIRER vers la philosophie politique -il passe plus de temps en philosophie politique qu’en ethnologie- j’espère qu’il reviendra en ethno – rien ne lui empêche d’ailleurs de faire les deux choses à la fois. Il utilise en philosophie politique -avec pas mal de culot- une opposition binaire -conceptuelle- trop bien tranchée- entre « Société à Etat » et « Société contre l’Etat » qui n’est d’aucune utilité pour un ethnologue qui s’efforce à décrire des sociétés empiriques sans savoir initialement ce que peut être un Etat. Par contre, l’opposition semble intéresser énormément –c’est bizarre- les philosophes. Les philosophes , n’ayant aucune culture anthropologique- acceptent sans sourcilier cette opposition en ne se rendant compte de rien. » [ Michel Cartry à Christian Bertaux , 1974] .

Note 28
Il est facile de voir que les ethnologues de terrain en pays exotique sont épistémologiquement dans des sociétés sans Etat. C’est-à-dire sans l’ETAT qui les faits ethnologues, c’est pour cela qu’ils refusent que Pierre Clastres le leur dise en s’appuyant sur l’ETAT S1 qui permet de penser, avant enquête, ce que ces ethnologues sont en train de faire en S2, ces derniers étant souvent empiriquement en train de s’occuper de sociétés ayant développé des Etats politiques. Il y a eu confusion entre la forme et le contenu. C’est bien parce que les ethnologues sont épistémologiquement hors de portée du regard de l’Etat S1 d’où s’énonce la philosophie de Pierre Clastres, qu’ils s’opposent à lui. On se trouve dans une structure logique proche d’Epiménide le menteur : « Tous les ethnologues travaillent dans des sociétés formellement sans Etat S2 qui échappent à la grammaire de la société à Etat S1. Or Pierre Clastres est un ethnologue, donc en S2, mais pour pouvoir produire cet énoncé sur toutes les sociétés sans Etat S2, Pierre Clastres, le philosophe, laisse les ethnologues en S2 et se met en S1». La résistance des ethnologues en S2, en i’→ j’, est la preuve du bien fondé des thèses de Pierre Clastres en j-→i. Les ethnologues en S2 qui veulent garder Pierre Clastres en S2, ne peuvent accepter Pierre Clastres en S1. « Quel CULOT, disait Cartry logé en S2, que Clastres logé également en S2 en tant qu’ethnologue soit capable d’aller énoncer en S1 à des philosophes qui n’y connaissent rien (j---→i’ étant impossible) sans la rupture de terrain plaçant l’ethnologue dans la situation d’être un TEMOIN de i’ : de ce que les j ne peuvent voir. » « Quel TOUPET, disait Cartry, que ce philosophe Clastres logé en S1 disant aux ethnologues qui sont logés en S2 qu’ils ne sont plus des ethnologues, puisqu’ à l’évidence ils travaillent sur des sociétés empiriques surchargées d’Etat ». Les mots « Culot » [où l’assise de l’observateur passe de S2 à S1 vue de S2] et « Toupet » [ où la tête de l’observateur passe de S1 vers S2 vue de S1] sont codés sitologiquement et topologiquement.

Note 29
« Dans les siècles passé, on n’a pas toujours appris les sciences dans les livres, sans trop de peine et aux dépens d’autrui, mais les premiers inventeurs ont trouvé et acquis les connaissances les plus excellentes […] par l’étude et la contemplation de ce livre immense que la nature tient constamment ouvert devant ceux qui ont des yeux au front et dans leur tête […] » Galilée, Lettre à Piero Dini, A Rome, le 21 mai 1611. [C’est nous qui soulignons].

Note 30
Il s’agit d’un REEL « sociologique » nous dit Clastres, un fait non individuel qui déploie ses symptômes dans tous les registres de la vie sociale et de la vie institutionnelle [gestes, mythes, mœurs, idées, institutions, coutumes, arts, etc]. Ce ne sont pas les pensées individuelles de penseurs politiques « anarchistes » qui sont cause de cette opposition à l’Etat. Les idéologies « anarchistes » des « Sauvages » ne sont que des symptômes subjectifs de ce REEL que Clastres appelle -pour lui même dans sa lutte contre S1 dans S1- « Contre l’Etat ». Il s’agit d’un « fait social total » au sens de Marcel Mauss (1872- 1950). J’appelle REEL un processus de mise en forme des réalités perçues ou rapportées, capable de résister aux idéologies et aux croyances, généralement inconnu ou méconnu des intéressés. Le but de toute science est d’accéder à un REEL associable à un domaine classique (X) ou non classique (Y/X) d’étude.

Note 31
La contre-thèse T1 est donnée par Philippe Descola [Cf. « La chefferie amérindienne dans l’anthropologie politique » in Revue française de science politique, Année 1988, vol.38, n°5, pp 818- 827]. Il n’existe pas de REEL « contre l’Etat » pour Philippe Descola, qui confond « idéologie d’un groupe social » et « REEL sociologique d’un groupe social » et qui cherche à remplacer le politique -une surface antérieure de choix- par le religieux -une surface postérieure de non-choix. On peut alors

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demander à Philippe Descola qu’est-ce qui fait le religieux ? La réponse est la suivante : Le religieux tend à réélaborer dans la fiction d’un choix prénatal ou d’un choix posthume les espaces politiques disparus que présupposent les grammaires de l’Etre social qu’utilise, avant l’effondrement du politique, le corps humain pour exister en tant qu’Etre social.

Note 32
La contre-thèse TT1 est donnée par Marc Augé [ Cf. « Ces sauvages ne sont qu’une idée » in J.-L. Amselle, Le Sauvage à la Mode, Ed. Le Sycomore, 1979, pp19-15] . Selon l’interprétation que Marc Augé a de la pensée politique et ethnographique de Pierre Clastres, les Guayaki n’existent pas. « Ce ne sont qu’une idée ». Le fantasme d’ un philosophe qui fait parler les Sauvages. Rien de Réel. Une simple inversion sémiologique anti-marxiste (Augé oublie le sérieux de la culture militante communiste de Pierre Clastres). Pour Marc Augé, les Guayaki forment la société prétexte S2 qui permet à Clastres S1 d’avoir une mauvaise intention. Une intention « bourgeoise ». Le S2 de Pierre Clastres est une base fictive qui permet au dialecticien Clastres de disposer d’une société inversée, capable de s’opposer à la conception marxiste du SENS de l’Histoire. Avec sa société fictive Pierre Clastres dispose, selon Marc Augé, de la base politique contre-révolutionnaire idéale -donc irréelle- permettant aux anarchistes, aux mouvements du renouveau communistes, au militantisme social anti-appareil, liés aux événements de 68, de fonder leur discours. Pour Augé, il n’y a aucun REEL sous l’énoncé TT de Clastres. Les lois de l’histoire qu’elles désignent ne sont pas concevables. Aucune découverte en vue n’est donc à faire. C’est ainsi que l’ethnologue classique -Marc Augé- peut calmement revenir d’Afrique pour prendre sa bicyclette et papoter avec finesse sur la « surréalité » des aéroports, au beau milieu du naufrage de l’ethnologie et de la sociologie.

Note 33 : Christian BERTAUX, bibliographie II.
Christian BERTAUX, ''Les outils de l'ethnologue. Le passage par la feuille de papier'', in Traverses n° 27/28 "Le papier", Revue du Centre de Création Industrielle, Centre Georges Pompidou, Paris, mai 1983, pp137-147, 4 photos. ''Linguistique occidentale et divination bambara'', in La linguistique fantastique, avec 6 fig., et une planche hors texte intitulée "topologie linguistique du signe saussurien", Paris, Ed.Joseph Clims/ Denoël, 1985, pp 365-377. 'Le concept de déproduction. Le devenir aveugle chez les Gourmantchè (Burkina faso)'', Revue de Philosophie culturelle, n°12, juin 1987, pp 23-62. « Science, divination, corps. Topologie langagière des espaces anthropologiques et sociaux. Etudes faisant appel à des matériaux principalement recueillis chez les Bambara du Mali. » Thèse d’Etat es Lettres et Sciences humaines, Texte de synthèse : pp 1-36, Tomes 1, & 2 : pp1-1421. Université Paris 7-Jussieu [février 1988] ''La géomancie à l'ancienne Côte des Esclaves de Bernard Maupoil" in L'Ethnographie, Revue publiée par la Société d'Ethnographie, n° 107, Paris printemps 1990 pp 117-121. «Théorie des catastrophes et divination par le sable» Passions des Formes à René Thom (Resp. Michel PORTE coordinateur) E.N.S. Editions Fontenay-Saint Cloud, 1994 pp 257-286; «Façons de faire et façons de penser. La pratique du terrain dans les sciences sociales. Les cas français et africain.» Mots, Représentations, Enjeux dans les contacts interethniques et interculturels ( Resp. K. FALL, D. SIMEONI, G. VIGNAUX) Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1994 pp 51-90; «Des techniques divinatoires aux Sondages » Les Sciences de la Prévision (Resp. Ruth SCHEPS) Seuil 1996. « Histoire de Koulibali, l’Immortel, et de Dadouma, le marabout géomancien minyanka. Pour une critique des étayages langagiers que présuppose le projet classique des sciences » in « Marges contemporaines de la religion » RELIGIOLOGIQUES , 18, automne 1998, 167-274 Texte consultable sur INTERNET www.unites.uqam.ca/religiologiques.

Note 34 : "PARLI" puisque c'est "PADI" : Michel CARTRY où le cheminement doublement articulé X/Y d'une enquête qui s'est développée sur plus de 45 ans, par un très grand - un des plus grands - ethnologue de terrain de langue française.
Michel CARTRY a cherché à décrire et à comprendre -pendant toute sa vie d’ethnologue- de son premier article paru en 1963 à son dernier paru de façon posthume en 2009, le passage géomantique qui va de l’ONU au PARLI gourmantchè où l’ONU est la maison 16 de la géomancie -une maison géante en pays gourmantchè- sur laquelle est posé, à la fin de la consultation -dans l’OSTRACISME d’une parole silencieuse- un petit morceau de calebasse découpé dans une calebasse usagée (soutirée au pouvoir de gestation des femmes et volée dans la cuisine d’une femme) sur lequel est gravé un SUR-TEXTE divinatoire inscrivant sur une terre « placentaire » le résultat de la parole de la terre (un travail sacrificiel à faire) et où le PARLI (le travail sacrificiel se faisant) n’est autre qu’une procédure d’incorporation du SUR-TEXTE – occupant et éclipsant le SUR-TEXTE en le reliant au TEXTE prénatal de son client -en l’invisibilisant à l’intérieur d’une pratique sacrificielle qui se termine par la destruction et l’enfouissement du petit morceau de calebasse gravé. Cf. Michel CARTRY, « Note sur les signes graphiques du géomancien gourmantchè », pp 275-306 in Journal de la société des Africanistes [1963]; « De la divination au sacrifice : la métaphore de l’attache », pp 307-360 in Michel Cartry, Jean-Louis Durand, Renée Koch Piettre, ARCHITECTURER L’INVISIBLE, Autels, ligatures, écritures, Ed. Brepols, Bibliothèque de l’Ecole des Hautes Etudes, Sciences religieuses [2009].

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Note 35
Pourquoi les dieux aiment-ils la viande grillée ? Les sémiologies qu’ont incorporées les corps humains pour devenir des ETRES SOCIAUX se court-circuitent en j= j’∏ à l’intérieur d’une « torsion möbienne » du canal de la communication [ lorsque A= B] . Le court-circuit que déclenche en fin de course, une torsion möbienne du canal de la communication [ le recto se confondant avec le verso ] est capable de « griller » les parties du corps qui ont incorporé ces sémiologies « qui se mordent la queue comme des serpents » [j=j’]. Une réalité psycho-somatique dépendante de ce REEL sémio- anthropologique est certainement à l’origine du savoir religieux, expérimenté concrètement et fantasmé subjectivement, par quelques grands acteurs. Elle est certainement à l’origine, aussi bien, de l’ imaginaire des « enfers » (qui brûlent les corps humains éternellement ) que des cuisines chargées des « viandes du sacrifice » (où les dieux sont friands de grillades animales et où les hommes – comme leurs dieux- ont le goût des viandes cuites). Car les premières « grillades » ne sont, certainement, que les substituts des grillades anthropo-sémiologiques qui se déploient à l’intérieur des grammaires de l’ETRE SOCIAL. Les vraies grillades ne sont faites qu’avec les incorporations sémiologiques du corps humain. Ces parties sont captives des gestes et des images que règle le langage articulé. Elles grillent lorsque les sémiologies qu’elles ont incorporées « se tordent sur elles-mêmes » [ pour réaliser j=j’ par j=j’∏]. Lorsque les exigences dramatiques, qui conduisent les acteurs à chercher à réparer les grammaires de leur ETRE SOCIAL, sont captives d’un attracteur langagier qui les voue à vouloir modifier la base de générativité j de leur naissance, ils ajustent directement j’∏ sur j. Ces acteurs se dirigent ainsi vers les lieux où vont se déclencher leurs propres « grillades » à moins qu’ils ne parviennent à actualiser une parade protectrice : celle qui propose aux acteurs – dans le fantasme de la soumission à un dieu ou à un maître- d’ajuster leurs regards sur la ligne de regard de ce dieu ou de ce maître j→i en repassant de j’ ∏ à j 2∏ avant d’atteindre j.

Note 36 : Christian BERTAUX, bibliographie III.
Christian BERTAUX, '' La technique des prescriptions sacrificielles dans la géomancie bambara [région de Ségou, Mali]'', in Systèmes de pensée en Afrique noire, Cahier 6, Le Sacrifice V, Ecole Pratique des Hautes Etudes (5e)/CNRS, Paris 1983, pp117-130 , 5 fig., 1 photo.

Note 37
Dans la pensée de Pierre Clastres, s’il y a des « Sociétés contre l’Etat », il n’y a pas de « Société pour l’Etat ». L’Extinction de l’Etat est une nécessité issue du REEL « contre l’Etat » qui apparaît lorsqu’il y a épuisement des groupes sociaux contre l’Etat. Si tous les groupes sociaux d’une société étaient « pour l’Etat », cette société ne serait plus occupée par des humains. Par contre, tous les groupes sociaux peuvent être contre l’Etat, car les sauvages restent des humains. Il y a une très belle théorie du crime dans la « Chronique des Indiens Guayaki » de Pierre Clastres. C’est afin de réparer la grammaire de leur être social, qui a été mise en danger à la suite de la mort A-GRAMMATICALE d’un jeune enfant atteint par un éclair où j=j’, que les Gyayaki vont tuer GRAMMATICALEMENT (bien que de façon pour nous criminelle) DEUX autres enfants tel que j≠j’.

Note 38 : Remarques sur François CHÂTELET, Michel FOUCAULT, Michel de CERTEAU, Louis ALTHUSSER, Mireille JOSPIN, Yvonne VERDIER et Jean DETTON. Le sème " RETOUR" et le sème "VIRAGE"'. J'en profite pour signaler que le "frapper à devant" µh= µH= µ(H) = ENTIER (µ+1) du milieu arithmétique µ de la durée historique rapportée - de l'année 1943 à l'année 1968 - par Pierre Clastres afin qu'il puisse mettre en scène la "chronique des indiens Guayaki qu'il a rencontrés" : µ'= (1943+1968)/2 = 1955,5 ( d'où µh= µ(H) = 1956) est identique au "frapper à devant" µ(H) du milieu arithmétique µ de la durée formelle de vie de Pierre Clastres µ= (1933 + 1977)/2 = 1955 (d'où µH= µ(H) =1956).
Voir à BERTAUX [2010] les hypothèses formelles que l’on peut produire sur les effets structurants et mortifères de l’année 1956 sur l’œuvre et la vie de Pierre Clastres et de Michel Cartry. Cf. Ch. BERTAUX, «Recherche formelle sur la double dimension langagière d’une vie et d’une œuvre : Histoire (de fin) de vie et (Post-)choix théorique. Etude de cas. Les cas de Pierre Clastres (1934-1977), de Jean Detton (1930-1980), de Michel Foucault (1926-1984), de François Châtelet (1926-1985), de Michel de Certeau (1925-1986), de Louis Althusser (1918-1990) et de Mireille Jospin (1910-2002) qui développent le SEME « Retour»:= « Décéder dans l’espace formel d’un RETOUR DE VIE i’∏-→j’∏ dépendant du RESSAC d'un milieu de vie µ(H) ou µ(h) associable au drame géopolitique de l’année 1956 ou 1957 ». Les cas de Pierre Clastres (1934-1977), de Jean Detton (1930-1980) et d’Yvonne Verdier (1941-1989) qui développent le SEME « Virage »: = « Se tuer en ratant un virage avec son automobile en France dans les Cévennes ( i∏-→j’∏/j2∏) ». Modèle linguistique mathématique permettant de ré-interpréter les dimensions signifiantes d'un acte de fin de vie (qui sera répertoriéa posteriori dans une biographie, mais qui manque toujours dans l’énonciation d’une autobiographie ou d’une « histoire de vie ») ayant la nature d’un acte d’énonciation « post-théorique », interne à une "linguistique de l'arrêt des mots" de dimension historique, capable de compléter une œuvre théorique en se déployant dans un « espace-temps sémiologique de vie » énonçant les propriétés « forcloses » - [S2] d’un ordre de REEL, qui ne peut être que refoulé dans sa mise en évidence, sous le masque discursif du « signifié » d’ une œuvre écrite [S1].
Résumé : Pierre Clastres n’a pas été le seul intellectuel à développer en France dans son décès le SEME « Retour » [ RS µ(H)] et le SEME "Virage" [ j'∏/ j2∏ ] . Dans le microcosmos parisien des intellectuels, ethnologues, écrivains ou philosophes, de cette époque, le SEME "Retour" (avec µ(h)= µ(H)= 1956 ) se retrouve également dans les vies de Jean Detton, de Michel Foucault, de François Châtelet et de Michel de Certeau . Pierre Clastres n’a pas été, non plus le seul intellectuel à développer

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en France, dans le signifiant de son décès le SEME « Virage » : « Décéder en conduisant son automobile en France en ratant un VIRAGE dans les Cévennes ». C’est le cas également - à ma connaissance- de deux autres personnes amies ou amies d'amis de Pierre Clastres : Jean Detton et Yvonne Verdier (1941-1989). Le cas de Pierre Clastres et de Jean Detton mérite réflexion. Ce sont les deux acteurs d'un même microcosme parisien qui ont développé, l’un et l’autre, de façon quasiment homothétique, les deux SEMES similaires de vie, le SEME « Retour [de 1956]» et le SEME « Virage ». Le fait m'interpelle personnellement. J’ai effectivement rencontré Pierre Clastres et Jean Detton - séparément- à Paris autour de l'année 1974. Le chercheur français Jean DETTON (1930-1980) fut le compagnon chaleureux, convivial et génial "communiquant" de la « Société française de Cybernétique" dont il fut le secrétaire général. C'est à la suite du "1er Congrès International de Cybernétique" qui eut lieu, en 1956, à Namur, en Belgique - avec plus de 800 participants représentant de 22 nations- que fut fondée, la même année 1956, la "Société Internationale de Cybernétique » qui conduisit au rayonnement culturel de l'idée de Cybernétique [ créée en 1947 par Norbert WIENER (1894- 1964)] à laquelle Jean DETTON participait . Jean Detton était à lui tout seul « INTERNET avant INTERNET », la « boîte aux lettres et aux idées» de la France et de l'Europe. Jean DETTON était partout. Il ne se passait pas un seul événement culturel en France sans que Jean ne le sache, n’y soit et qu’il ne cherche à mettre en contact- dans une relation de rencontre en réseaux- les hommes et les femmes susceptibles d’être enrichis par l’éclosion d'une voie nouvelle, d’un carrefour d'idées, indépendamment - structuralement- de toute ambition ou vanité académique. Jean DETTON était le compagnon de Ruth SCHEPS, docteur en biologie, qui devint productrice à France Culture d’émissions scientifiques et culturelles. Ils ont eu trois enfants.
Une analyse en parallèle des vies de Pierre Clastres et de Jean Detton - jusque dans la tragédie de leur même fin de vie - a un grand intérêt. Nous faisons l’hypothèse que le signifiant « RETOUR » et le signifiant « VIRAGE » de ces deux fins de vie font SENS à l’intérieur des propriétés topologiques d'une grammaire de l’ETRE SOCIAL de dimension géopolitique ayant pour flexion l'année 1956. Selon cette hypothèse, leurs "histoires de vie" - transformées a posteriori en "biographies" - étaient à la recherche de la reformulation sémiologique i'∏→j'∏//j2∏→i2∏ de la base de générativité de leur ETRE SOCIAL remise en question à partir de l'année 1956. Décoder ce SENS, c’est, dès lors, poursuivre une parole silencieuse capable de désigner le « post-choix théorique » d'auteurs qui s' énonce -jusque dans la fin anticipable [ qui aurait donc pu être évitable] de leurs fins de vie- dans les propriétés formelles de la vie et de l'œuvre de ces auteurs.

Note 39 : Comme dans le cas de la "pierre de Rosette" qui désignait un même message à l'aide de trois écritures et de deux langues, il est possible désormais de disposer d'au moins trois pratiques géomantiques européennes et africaines, pour commencer à "imaginer" - à à formaliser, à décrire et à comprendre- le REEL initialement "inimaginable" auquel se confrontent les pratiques divinatoires par le sable aussi bien africaines qu'européennes ou chinoises.
Cf. La « Pierre de Rosette » est un fragment de stèle en basalte noir qui a été découvert en 1799 par le commandant d’artillerie Boussard, pendant l’occupation par l’armée de Bonaparte (1769-1821) de la ville égyptienne de Rosette ( de l’arabe « Rachid »). Sur ce fragment de stèle est inscrit un même message ( UN seul « signifié ») à l’aide de trois inscriptions différentes ( TROIS « signifiants » distincts): la première inscription (I) est en caractères hiéroglyphiques, la seconde (II) en caractères démotiques et la troisième (III) en grec datée de 193 av. JC. C’est grâce à cette triple formulation d’un même message que Jean-François CHAMPOLLION (1790-1832) -Champollion dit le Jeune- a pu faire avancer à grand pas la lecture des Hiéroglyphes. J’ai eu la chance – mutatis mutandis - pour décoder les pratiques que permet la géomancie à 16 figures de disposer de trois « façons de faire, de dire, d’énoncer, de sacrifier, d’imaginer et de penser » liées à trois sociétés différentes : (I) la pratique de la géomancie bambara de la région de Ségou au Mali [une géomancie africaine villageoise qui utilise un ordre des 16 figures de la géomancie] ; (II) la pratique de la géomancie gourmantchè de Haute Volta (Burkina Faso) [une géomancie africaine villageoise qui n’utilise pas un ordre des 16 figures de la géomancie] ; (III) la pratique de la géomancie latine à 16 figures [ une géomancie européenne citadine qui n’utilise pas un ordre des 16 figures de la géomancie]. A la différence d’un ethnologue classique, j’étais un bon technicien en « géomancie » [depuis 1962] avant d’être « ethnologue » [en 1976]. J’avais, avant de partir en Afrique en 1976/77, une longue pratique de la géomancie latine – sans ambiguïté déontologique - en tant que scientifique. Je savais produire et interpréter un thème de géomancie latine depuis de nombreuses années. Attentif aux gestes, aux postures du corps et aux pratiques, j'en connaissais la pratique comme le feraient un bon "paléontologue de laboratoire" capable de retrouver les gestes que durent utiliser les hommes de la préhistoire pour arriver à tailler un silex, un bon philologue "dramaturge" capable d'énoncer et de mettre en scène un texte de l'antiquité classique ou un bon archéologue "technologue" capable de construire une tombe selon une technique manuelle disparue. En allant en Afrique, j'ai été donc conduit à reformuler ma pratique de géomancien pour produire - de la feuille de papier au sable- dans l'évitement de la feuille de papier- mon travail d’ethnographe. J'ai compris l'importance qu'il y avait à ne pas replacer sans précaution, dans une feuille de papier, une pratique africaine non écrite qui fait appel à une autre grammaire de l'ETRE SOCIAL. En passant de la feuille de papier au sable, j'ai été conduit à

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transformer ma pratique. Une géomancie africaine villageoise ne loge pas son devin sur le site anthrologique, sociologique et politique, où se trouve le géomancien lettré, lecteur d'une feuille de papier. En ne connaissant pas la pratique "lettrée" de la géomancie, les philosophes et les ethnologues classiques qui, dans leur contact avec d'autres sociétés, ont été conduits à décrire des figures de la géomancie tracées sur du sable ou de la poussière (Bernard MAUPOIL (1906-1944) [géomancie d'un devin musulman toucouleur de l'ancien Dahomey], Robert JAULIN [géomancie sara] , Albert Néron de SURGY [géomancie par le Fa des Evhé du Bénin] , Michel CARTRY [géomancie des Gourmantchè] , Philippe JESPERS [géomancie minyanka du Mali], Sada Mamadou BA [géomancie peul du Sénégal ], Mamadou Lamine TRAORE (1947-2007) [géomancie bambara et sarakolé ], etc ) ont tendance à replacer - sur le modèle bureaucratique d'un Etat culturel de type colonial- ces pratiques géomantiques dans l'espace-temps-sémiologique erroné de la feuille de papier. Les lettrés non géomanciens n'ont pas les moyens de changer de pratique géomantique. Ils décrivent les pratiques des géomanciens non lettrés dans l’artéfact sémiologique de leur feuille de papier sans pouvoir tenir compte du fait que les pratiques africaines, qui se font sur un support "sable" dans la différence à un support "calebasse", font exploser - en suivant les exigences propres aux pratiques du CONTR'UN qu'impose le REEL sociologique "CONTRE L'ETAT" désigné par Pierre Clastres- les présupposés sémiologiques et anthropologiques de la "feuille de papier". Cf. Christian BERTAUX et Philippe JESPERS, "Quelques opérations sacrificielles liées aux géomancies bambara et minyanka du Mali", Système de pensée en Afrique noire, cahier n°5 [1981]. Christian BERTAUX, "Les outils de l'ethnologue. Le passage par la feuille de papier", Traverses, Revue du Centre de Création Industriel- Georges Pompidou, n°27-28, mai 1983 pp 136-147.

Note 40 : Une découverte fondamentale en anthropologie historique: La propriété caractéristique S1= S2 des trois souverains avec S2 = { µ(H)= N' }. Le but de l'ethnologie et de l' anthropologie de terrain [ une ethnologie des microfaits sociaux] est de permettre à un observateur scientifique de rencontrer des ordres de REEL "inimaginables" pour les grammaires génératives de son ETRE SOCIAL afin de lui permettre de créer les formalismes abstraits "hypothétiques" -de type linguistique mathématique- qui lui permettront de vérifier (ou non) les effets de ces ordres de REEL à l'intérieur des sociétés qui disposent de corpus historiques.

Christian BERTAUX « De l’existence d’un REEL simple dans les sciences sociales . Le LOGOS DE FORME des trois souverains Charles 1er d’Angleterre, Louis XVI de France et Nicolas II de Russie». Mémoire scientifique. [Paris, 2005].

Résumé : J'appelle REEL associé à un domaine d’étude, un processus de "mise en forme" S2 des réalités, perçues ou rapportées, d’une partie de ce domaine d’étude, capable de s'opposer -par la force de sa mise en forme- à la "mise en forme" S1 (plus faible) que déploient les syntaxes de cohérence d'un discours. Un LOGOS DE FORME (Cf. René Thom) est un REEL intelligible par sa forme. Ex: La "loi de la chute des corps" issue de Galilée, x = 1/ 2 g t**2 [ lire " x est égal à un demi de g t 2" ], désigne un REEL, mais ce REEL n'est pas - à ma connaissance - comme le voulait Hegel, un LOGOS DE FORME. Car ce REEL n'est pas intelligible à partir du fait que son équation désigne un morceau de parabole. Par contre, la "loi de la chute des rois" donnée ci-dessous, μ(H) = N' [lire "Mu de H est égal à N prime"], désigne par sa mise en forme un REEL qui, à la différence de la loi physique de Galilée -dans l'état de nos connaissances-, est un LOGOS DE FORME. Car ce REEL est intelligible par le fait que son équation désigne une forme qui s'apparente à la déformation géométrique d'un canal de la communication.Procédure générale : Pour démontrer l’existence d’un REEL associé à un domaine d’étude, il est nécessaire de pouvoir caractériser une partie de ce domaine à l’aide d’au moins deux propriétés caractéristiques S1 et S2 : de telle manière que la propriété S1 soit engendrable dans un LOGOS 1, incapable d’engendrer la propriété S2 et, réciproquement, que la propriété S2 soit engendrable dans un LOGOS 2, incapable d’engendrer la propriété S1. Etant donné qu’on a deux propriétés caractéristiques indépendantes visant le même objet tel que S1 = S2, on démontre ainsi qu'il existe un REEL dépendant du domaine d’étude qui tient la syntaxe manquante (=). [ Remarque générale : S’il existait une théorie unifiée en physique, il n’existerait plus de REEL de nature sémantique, puisqu’on confondrait les propriétés du domaine étudié avec celles du discours qui l’étudie. On n’aurait à faire qu’à un totalitarisme (où j=j') destructeur des dimensions sémiologiques de tout domaine, humain ou non humain]. Démonstration dans les sciences sociales: Soit le corpus complet de tous les souverains de France depuis Pépin le Bref (714-768). Il est possible de produire deux propriétés caractéristiques capables de désigner Louis XVI (1754-1793), l’une en LOGOS 1 [le logos informel des historiens et des sociologues littéraires], l’autre en LOGOS 2 [le logos formel des anthropologues et sociologues linguistes mathématiciens]. La propriété S1 s’énonce ainsi : S1= «Avoir été exécuté à la suite d’une grande révolution sociale et politique productrice d’un régime à souveraineté non héréditaire au moins initialement». Existe-t-il une propriété caractéristique formelle S2 capable de paraphraser la propriété informelle S1 ? Cette propriété existe, mais elle est "inimaginable" et donc "supposée ne pas exister". Pour arriver à 'imaginer informellement l'existence de cette propriété, il faut passer par la pratique de l'ethnologie de terrain et l'anthropologie transformationnelle. Mais cela ne suffit pas. Pour arriver à l'imaginer formellement -afin de trouver les bonnes médiations formelles adéquates- il faut passer par un modèle linguistique mathématique de l'anthropologie transformationnelle. Grâce à ces deux

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méthodologies, je peux désormais énoncer la propriété S2 en LOGOS S2 et affirmer -après une longue vérification faisant appel à plus de 294 calculs- qu'il existe une propriété S2 de LOGOS 2 formellement intelligible, capable de paraphraser la propriété S1 de LOGOS 1. [C'est parce que cette propriété est intelligible qu'on peut avoir l’idée -et le courage- en la vérifiant, de vaincre l'obstacle épistémologique qui nous présente cette propriété caractéristique -"inimaginable"- comme absurde et ridicule]. La propriété S2 s’énonce ainsi : S2= "Avoir commencé son début officiel de règne N', à la mort de son prédécesseur, l’année entière µ (H) - Lire MU de H - qui suit le milieu arithmétique de sa vie µ avec µ=(N+M)/2 où N est l’année de sa naissance et où M est l’année de son décès dans le calendrier J.-C". Cette propriété formelle S2 de LOGOS 2 -non engendrable par un LOGOS 1- est une propriété caractéristique du seul roi de France désigné par la propriété S1 de LOGOS 1. Ceci indépendamment du nombre de rois et du nombre de révolutions. Les deux propriétés S1 et S2 ne visent -l'une et l'autre- que Louis XVI parmi tous les souverains de France depuis Pépin le Bref. Il serait raisonnable -si on en restait là- de penser qu'il s'agit d'une coïncidence sémantiquement non pertinente. On peut alors montrer que cette coïncidence n'en est pas une, car elle se répète trois fois et que la forme que présente cette régularité étonnante est intelligible. Pour vérifier que cette double caractéristique S1=S2 n'est pas aléatoire [une coïncidence formelle], il suffit de produire la même recherche sur les deux autres révolutions européennes apparentées, qui se sont produites, l'une avant la révolution française, l'autre après la révolution française. Il est facile de vérifier que cette singularité sémantique et formelle est stable pour les trois corpus des souverains anglais, français et russes. La propriété S2= { µ(H)=N' } est également une propriété caractéristique qui ne désigne qu'un seul souverain en Angleterre/Grande Bretagne. Seul Charles I d’Angleterre (1600-1649) est visé par S1=S2, depuis Guillaume le Conquérant (1027-1087). On vérifie de même que c’est le cas pour l'empereur Nicolas II de Russie. Seul parmi tous les tsars empereurs, Nicolas II (1868- 1918) est visé par S1=S2, depuis Ivan le Terrible (1530-1584), le premier tsar de Russie.

Nous pouvons donc désormais affirmer qu'il existe bien un REEL d'expression formelle simple où S1 (d'un LOGOS 1) = S2 (d'un LOGOS2) que l'on peut associer au domaine d'étude des sciences sociales. Et notre démonstration de "l'existence d'un REEL d'expression simple dans les sciences sociales" est faite. Il nous faut alors démontrer que ce REEL est bien un LOGOS DE FORME c'est-à-dire un REEL "intelligible par sa forme". Effectivement, le REEL démontré d'équation µ(H)=N' qui s'apparente à une loi de l'histoire, désigne une forme géométrique intelligible d'expression linguistique mathématique non aléatoire. La probabilité de ce type d’événement, s'il était aléatoire, est de l’ordre de 1 / 2**22 [c’est comme si on gagnait 22 fois de suite à un jeu de pile ou face]. Le jeu de pile ou face utilisé par l'Histoire de la France, de l'Angleterre et de la Russie, est donc nécessairement pipé. Qu'est-ce qui pipe les jeux supposés aléatoires de l'Histoire ? La propriété S1=S2 des trois souverains étant, par sa forme, de nature linguistique "sémio-anthropologique", on peut désormais affirmer que cette grande singularité historique est dépendante des déformations de l’espace-temps-sémiologique, incorporées dans les actes de la vie quotidienne, à l'intérieur des grammaires de l'ETRE SOCIAL qui fabriquent avec des corps humain des êtres sociaux sémiologiquement codés. La propriété µ(H)= N' désigne un objet de langage O[( j->i) t/ (i'- >j') tt)], où j=N , j'=M et i/i' = µ(H) et où O(t) =N , t=N' et tt=M. On peut donc faire l'hypothèse que c’est pour éviter que l’espace sémiologique (impliquant que j≠j'), dans lequel se nichent les ETRES SOCIAUX de cette époque, ne se détruise (en produisant j = j’), que ce sont déployés des attracteurs formels à l'origine des mouvements révolutionnaires. Nous avons affaire à une "économie politique et religieuse" de type sacrificiel interne à une anthropologie langagière de l'Histoire (où le sociologique tend à masquer l'anthropologique). Toutes les explications des mouvements révolutionnaires que donnent actuellement les historiens et les philosophes du politiques manquent l’essentiel : le REEL des sciences économiques et sociales, c'est-à-dire, dans le cas précis des souverains de France, d'Angleterre et de Russie, l'existence d'un ordre de REEL de nature anthropologique et sémiologique historique dépendant non des années qui se trouvent au voisinage des exécutions [1649, 1793, 1918], mais des années qui se trouvent au voisinages du début des règnes [1625, 1774, 1894] des souverains exécutés.

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Note 41
Christian BERTAUX, "Dictionnaire des relations de disciple à maîtres célèbres et de maître à disciples célèbres" Approche formelle des bibliographies et des histoires de vie. Recherche sur les géométries du langage articulé. Les régularités historiques. Les autoroutes politiques et culturels. Les Ecoles de pensée » Texte formé de deux parties, une partie « Histoire » et une partie « Culture ». [Paris, 2010] Résumé : Texte vérifiant statistiquement l’existence d’une paraphrase entre SENS et FORME (l’inverse est souvent faux. Une Forme peut ne pas avoir de sens). Il existe une loi très générale « inimaginable » reliant les histoires de vie entre disciples et maîtres célèbres. Elle s'énonce ainsi : «Lorsqu’il y a un lien sémantique, historique ou conceptuel, entre un disciple célèbre et un maître célèbre, le disciple célèbre meurt sous l’horloge marquée de son maître célèbre » [nous ne pouvons indiquer ici le sens mathématique précis qu'a l'expression "horloge marquée". Il suffit de dire qu'il existe un calcul qui permet de vérifier la traduction formelle [S2] du lien sémantique [S1] qui se déploie d'un disciple à un MAITRE, par exemple : Platon -> SOCRATE; Napoléon III -> NAPOLEON I; Calvin -> LUTHER; Racine -> CORNEILLE; Spinoza-> DESCARTES; Engels -> MARX; Lacan -> FREUD, etc. D'où la découverte des propriétés mortifères des Ecoles de pensée et des courants politiques - la majorité des freudiens meurent sous Freud, la majorité des marxistes meurent sous Marx, la majorité des sociologues de l'Ecole française de sociologie meurent sous Durkheim, etc. On peut réinterpréter les prescriptions sacrificielles de l'anthropologie religieuse comme des techniques essayant d'échapper - à l'intérieur d'une économie politique et religieuse interne à une anthropologie de l'Histoire- à cet ordre de REEL. Texte de 8.000 pages [Paris, 1994 -2010].

Note 42
Voir Christian BERTAUX, Les sciences sociales peuvent-elles découvrir quelque chose ? L’exemple du gouffre de Louis XV. Recherche formelle sur les effets géopolitiques, liés à la présence et à l’effondrement de la présence romaine, qui se développèrent sur les grammaires de l’ETRE SOCIAL gallo-romain et franc, inducteurs formels des grands clivages dynastiques de l’histoire de France. Séminaire de DEA. Université Paris7-Denis Diderot [2001]. Texte consultable sur INTERNET à «www. bertaux-glah.fr ».

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Note 43
ANNEXE: Liste alphabétique des noms de personnes qui apparaissent dans ce texte ou dans ses notes :

ABENSOUR Miguel ( 3 fois) p 15 [ 2 fois], p 17
ADDE Nicolas ( 1 fois) p 31
ADLER Alfred ( 7 fois) p 1 [2 fois], p 7, p 15 , p 16 [3 fois]
ALEXANDRE III de Russie (1 fois) p 28
ALTHUSSER Louis ( 1 fois) p 24
AMSELLE Jean-Louis ( 1 fois) p 23
ARON Raymond (2 fois) p 16
AUGE Marc ( 7 fois) p 23
AUROUX Sylvain ( 1 fois) p 19
BA Sada Mamadou ( 1 fois) p 25
BALANDIER Georges ( 1 fois) p 1
BARTHES Roland ( 2 fois) p 16, p 18
BERTAUX Christian "cèncènden" (24 fois)
Sur toutes les pages des notes pp 15-28, sauf p 20, p 25, p 27
BLEUSTEIN-BLANCHET Marcel (1 fois) p 16
BONAPARTE Napoléon ( 1 fois) p 25
BORGES Jorge-Luis ( 1 fois) p 1
BOSCH Jérôme ( 1 fois) p 17
BOUSSARD commandant ( 1 fois) p 25
CALVIN Jean ( 1 fois) p 28
CANNE Louis ( 1 fois) p 17
CARTRY Michel ( 52 fois)
Sur toutes les pages sauf p 6, pp 8- 12, p 14, pp 18-21, pp 26-28
CERTEAU Michel de ( 2 fois) p 24
CHAMPOLLION Jean-François (2 fois) p 25
CHARLES 1er d’Angleterre ( 3 fois) p 10, pp 26-27
CHÂTELET François ( 8 fois) p1, p 1, p 5, p 12, p 15, p 16, p 24, p 24
CHEVALIER Jean-Claude (1 fois) p 19
CHOMSKY Noam (2 fois) p 18
(CLASTRES) Hélène (1 fois) p 16
CLASTRE Pierre (143 fois)
Sur toutes les pages sauf pp 18-19, pp 24-25, pp 27-28
CLIMS Joseph (Ed.) (1 fois) p 23
COPERNIC Nicolas ( copernicienne) (1 fois) p 9
CORNEILLE Pierre ( 1 fois) p 28
DADOUMA le marabout géomancien minyanka ( 1 fois) p 23
DESCARTES René ( 2 fois) p 18, p 28
DESCOLA Philippe ( 3 fois) p 22
DESANTI Dominique ( 3 fois) p 15
DESANTI Jean-Toussaint (3 fois) p 15 [ 2 fois] , p 16
DETTON Jean (12 fois) pp 24-25
(DIDEROT Denis) ( université Paris 7-Jussieu) (4 fois) p 5, p17, p 18, p 28
DIETERLEN Germaine ( 3 fois) p 1, p 15, p 17
DINI Piero ( 1 fois) p 22
DUBOIS Daniel ( 1 fois) p 21
DUCROT Oswald ( 1 fois) p 1
DURAND Jean-Louis ( 1 fois) p 23
DURKHEIM Emile ( 4 fois) p 9, p 17, p 19, p 28
DUTILLEUX Jean-Pierre ( 1 fois) p 21
ENGELS Friedrich ( 1 fois) p 28
EPIMEDIDE le menteur ( 1 fois) p 22
EUCLIDE (euclidienne) ( 3 fois) p 1, pp 17-18

30

FALL Khadiyatoulah ( 1 fois) p 23
FOUCAULT Michel (1926-1984) ( 2 fois) p 24, p 24
FREUD Sigmund ( 5 fois) p 7, p 7, p 28
FRONVAL George ( 1 fois) p 21
GALILEE ( galiléen) ( 9 fois) p 2, p 5, p 7, p 8, p 8, p 9, p 22, p 26, p 26
GAY-LUSSAC ( rue) ( 2 fois) p 1, p 20
GREIMAS Algirdas ( 3 fois) p 3, p 3, p 16
GRIAULE Marcel ( 1 fois) p 1
GUILLAUME LE CONQUERANT ( 1 fois) p 27
HEGEL Georg ( 1 fois) p 26
IVAN LE TERRIBLE ( 1 fois) p 27
JACQUES 1er d'Angleterre ( 1 fois) p 28
JACQUES-CHAQUIN Nicolas ( 1 fois) p 19
( KANT Emmanuel ) (révolution copernicienne) ( 1fois) p 9
JACOB Odile (Ed.) ( 1 fois) p 15
JAULIN Robert ( 2 fois) p 5, p 25
JESPERS Philippe ( 2 fois) p 25, p 26
JOSPIN Mireille ( 1 fois) p 24
KADAR Janos ( 1 fois) p 15
KHROUCHTCHEV Nikita ( 4 fois) p 1, p 15 [ 3 fois]
KOULIBALI l'Immortel ( 1 fois) p 23
KUPIEC Anne ( 1 fois) p 15
LA BOETIE Etienne de ( 4 fois) p 4, p 12, p 17, p 17
LACAN Jacques ( 5 fois) p16, p16, p17, p18, p 20, p 28
LEIBNIZ Gottfried ( 1 fois) p 5
LENINE ( 1 fois) p 28
LEVI-STRAUSS Claude ( 4 fois) p 1, p 16, p 16, p 17
LOBATCHEVSKI Nikolaï ( 1 fois) p 17
LOUIS XV ( 2 fois) p 28
LOUIS XVI de France ( 5 fois) p 10, p 20, p 26, p 26, p 26
LOSONCZY Anne-Marie ( 2 fois) p 15
LUTHER Martin ( 1 fois) p 28
MARCHELLO-NIZIA Christian (1 fois) p 19
MARIE ANTOINETTE ( 1 fois) p 20
MARX Karl ( 9 fois) p 7, p 14, p16, p 23, p 23, p 28, p 28
MASPERO François (Ed.) ( 1 fois) p 16
MAUPOIL Bernard ( 2 fois) p 23, p 25
MAUSS Marcel ( 2 fois) p 9, p 22
METRAUX Alfred ( 1 fois) p 1
(MÖBIUS) (möbienne) ( 6 fois) p 5, p 18, p 22
NAGY Imre ( 2 fois) p 15
NATHAN Ferdinand ( Ed.) ( 1 fois) p 21
NICOLAS II de Russie ( 4 fois) p 10, p 26, p 27, p 27
NOBEL [ Prix] ( 1 fois) p 16
NOSARI Jacques (1 fois) p 16
PAGNOL Marcel (2 fois) p 16, p 16
PEPIN le BREF ( 2 fois) pp 23-24
PICASSO Pablo ( 1 fois) p 17
PINDARE ( 1 fois) p 18
PLATON ( 3 fois) p 16, p 16, p 28
POMPIDOU Georges [ Centre] ( 2 fois) p 23, p 26
PONTALIS Jean-Bertrand ( 1 fois) p 3
PORTE Michèle ( 2 fois) p 19, p 23
RACINE Jean ( 1 fois) p 28
RAONI ( 2 fois) p 21
RIEMANN Bernhard ( 1 fois) p 17
SAUSSURE Ferdinand de (2 fois) p 19, p 20
SCHEPS Ruth ( 2 fois) p 23, p 25

31

SEBAG Lucien ( 5 fois) p 1, p 15, p 16 [ 3 fois]
(SEBAG) Judith ( 1 fois) p 16
SIMEONI Daniel ( 1 fois) p 23
SOCRATE ( 1 fois) p 28
SPINOZA Baruch (1 fois) p 28
STALINE ( 3 fois) p 1, p 15 [2 fois]
SURGY Albert Néron de ( 1 fois) p 25
TALARICO Enzo (Ed.) (1 fois) p 18
THOM René ( 4 fois) p 18, p 19, p 23, p 26
TRAORE Mamadou Lamine ( 1 fois) p 26
VANDERMEERSCH Léon (1 fois) p 17
VERDIER Yvonne (2 fois) p 24, p 25
VIGNAUX Georges (1 fois) p 23
WIENER Norbert ( 1 fois) p 25
ZEMPLENI Andras (1 fois) p 16

Je tiens à remercier Nicolas ADDE pour son travail de recherche en épistémologie des sciences et en ethnologie, ainsi que pour sa mise en forme de mes textes sur le site INTERNET « www. bertaux – glah. fr » qu’il a amicalement créé en février 2011.

Note 44
Le sigle « GLAH » renvoie aux quatre lettres G-L-A-H :

G comme GEOMETRIE, GRAMMAIRE et GRAMMAIRE GENERATIVE, mais également, GEOMANCIE, CARTOMANCIE, EPISTEMOLOGIE, EPISTEMOGRAPHIE, INFORMATIQUE, ESTHETIQUE, TEXTUALITE, PUBLICITE, BANDE DESSINEE, etc,

GL comme GEOMETRIE DU LANGAGE

L comme LINGUISTIQUE, « EPISTEMOLOGIE LINGUISTIQUE », « MATHEMATIQUE LINGUISTIQUE», « TOPOLOGIE LINGUISTIQUE», "Sémiologie de l'énonciation", SEMIOLOGIE TRANSFORMATIONNELLE, « Linguistique de l’énonciation » et « Linguistique de l’arrêt des mots » ,

GLA comme GEOMETRIE DU LANGAGE doublement ARTICULE

A comme ANTHROPOLOGIE, ANTHROPOLOGIE SOCIALE, ANTHROPOLOGIE POLITIQUE, ANTHROPOLOGIE RELIGIEUSE, "ANTHROPOLOGIE TRANSFORMATIONNELLE", mais également A comme ANTHROPOLOGIE BIOLOGIE: " Topologie langagière de l'acte de naître", "Théorie linguistique générale de la criance", "Topologie langagière de la dévoration et de la défécation", ANTHROPOLOGIE GESTUELLE", "Anthropologie des codes posturaux, des codes de l'imaginaire et des symptômes gestiques", "Incorporation psycho-somatique d'une sémiologie" et "Restauration des présupposés textuels d'un ETRE SOCIAL", " Ethno-technologie du langage articulé", "Recherches sur les propriétés langagières des objets sociaux, leur rôle de prothèses sémiologiques et de lissages énonciatifs internes à des chemins réels ou fictifs de vie". Enfin A comme ARCHIMEDE dans "catastrophe archimédo-gravitique" et comme " ARTICULé" dans langage "doublement articulé".

H comme HISTOIRE, « Histoires politiques» et "Histoires de vie", chronologies et biographies, Recherches formelles en histoire en vue de la mise en évidence des effets formels de dimension historique des choix sociaux d'existence. Mise en place d'une ECONOMIE POLITIQUE ET RELIGIEUSE de type sacrificielle - masquées par les rationalisations, les idéologies et les croyances - , interne à une "ANTHROPOLOGIE DE L'HISTOIRE".

GLAH comme " GEOMETRIE du LANGAGE doublement ARTICULé capable de mettre en évidence les propriétés d'une économie politique et religieuse interne à une ANTHROPOLOGIE DE L'HISTOIRE et à une "sociologie du sens".

Fin des notes